Divine, paradis festif

Divine, paradis festif

Le tempo ne faiblit pas dans le Xᵉ arrondissement de Paris ! En y ouvrant Divine, son troisième établissement, Nicolas Munoz a eu le nez creux. Ici, les rues sont animées du matin jusqu’au soir. Un véritable « melting-pot (…) entre les gens qui bossent dans le coin, ceux qui sont là en afterwork, ceux qui habitent dans le Xᵉ depuis peu et ceux qui ont connu toutes ses évolutions », jubile le trentenaire, qui, à l’ouverture de son bar, souhaitait avant tout en faire une adresse de quartier. La crise sanitaire aurait pu contrecarrer ses plans. Mais non. Le 61, rue d’Hauteville est toujours là ! Et pourtant, qui aurait pu parier, en moins d’un an d’existence à l’époque, que Divine résisterait ? Plus que jamais, la foule se presse dans le décor à l’esprit eighties imaginé par Rebecca Benichou et son talentueux Batiik Studio. Des murs laissés bruts, des finitions contrastées oscillant entre laque, granito, velours et détails de carrelage… Des assises. Beaucoup. Du fauteuil au tabouret en passant par d’accueillantes banquettes. Notre regard n’a de cesse de s’attarder d’espace en espace. Une rencontre « entre imaginaire et familier » qui conforte autant qu’elle bouscule. Divine intrigue. Peut-être autant que le déjanté personnage auquel le nom du lieu est un clin d’œil ou…. que sa proposition liquide ! Une carte ludique et fournie, mêlant références de bières artisanales, de vins nature mais aussi – et surtout – de cocktails tout, sauf classiques ! Des inconnus, des audacieux, des surprenants à destination de tous et à des prix abordables. Propriétaire de Bisou – réputé pour créer ses breuvages sur mesure –, Nicolas était attendu au tournant. Et a réussi son pari en faisant de Divine un endroit où l’on se sent bien, sans se prendre la tête. Bonus : on y mange bien. Très bien même. Des grignotages en tout genre qui se partagent, ou se dégustent égoïstement, sortis de la cuisine de la cheffe Lina Caschetto. Mais nous ne vous en dirons pas plus. Pour savoir, il faudra voir. Et donc, y aller !

Bar Divine, 61 rue d’Hauteville – 75010 Paris. Ouverture : tous les jours de 18h à 2h. Brunch le dimanche de 12h à 16h. Une demande particulière ? Téléphone : 01.42.29.21.01. E-mail : nico@bisoudrinks.com

Divine, paradis festif
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Nicolas, pouvez-vous vous présenter ? 

Nicolas

Je suis né à Marseille en 1988 de parents restaurateurs. J’ai grandi dans cette ville avant de bouger à Londres et à New York. Arrivé à Paris fin 2010 pour terminer mes études, je n’en suis jamais parti. J’ai voulu faire du droit pour avoir un « vrai » diplôme. À l’époque, la vie que menaient mes parents à la tête d’un restaurant ne me faisait pas particulièrement rêver, mais quand on est fait pour ça, on est fait pour ça ! J’y ai toujours travaillé pendant mes études et me suis vite rendu compte que j’étais passionné par le service. Constater au quotidien l’impact que l’on peut avoir sur les moments que les clients passent chez nous, c’est assez magique… Du coup, après mes études, j’ai eu la chance de pouvoir me lancer dans ma propre affaire à 25 ans avec Bespoke ; Bisou en 2017 ; Divine en 2019 !

Vous avez déjà été à la tête de deux établissements, Bespoke et Bisou. Qu’est-ce que cela vous a appris ? 

Nicolas

Bien s’entourer est essentiel. Tu peux avoir les meilleures idées du monde, tout seul, tu ne fais rien. L’humain est la part la plus difficile de notre métier, mais aussi la plus passionnante !

Quel nouveau terrain vous permet d’explorer Divine ? 

Nicolas

Nous avons un aspect « bar de quartier » qui est nouveau et superintéressant pour nous ! En semaine, nous avons comme un melting-pot de clients, entre les gens qui bossent dans le coin, ceux qui sont là en afterwork, ceux qui habitent dans le Xᵉ depuis peu et ceux qui ont connu toutes ses évolutions… C’est assez génial de vivre ça ! Divine me permet également d’avoir à nouveau une cuisine à faire vivre, entre la carte du soir en mode « bar » et la carte du dimanche en mode « brunch ». C’est assez passionnant, même si ça demande pas mal de boulot.

Pourquoi avoir choisi ce nom ? 

Nicolas

Je voulais un nom féminin, qui soit ancré dans son quartier et un peu coquin. Et puis nous sommes à l’angle de la rue Paradis. Il y a bien sûr La Divine Comédie de Dante, avec l’enfer, le purgatoire… et le paradis (on en revient au quartier). Enfin, pour l’aspect coquin, c’est une allusion au personnage de Divine et au lien avec John Waters, qui faisaient sens !

Divine, paradis festif
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Présentez-nous l’adresse, à la décoration imaginée par « Batiik Studio ». 

Nicolas

Nous voulions un lieu où les gens pourraient se retrouver en bandes de copains pour boire de bonnes choses, que ce soit des cocktails, des vins ou des bières, sans prise de tête, tout en se régalant de mets un peu régressifs ! L’endroit devait se prêter à la réception de tablées de 4-8 personnes, pouvoir accueillir des groupes à l’étage, mais s’adapter aussi aux couples tout en pouvant devenir festif avec de la place pour être debout et éventuellement danser un peu… Nous avons donc pensé l’organisation des assises afin de pouvoir réunir tout cela dans un lieu funky, festif, avec boule à facettes et service ultra-cool. En gros : notre mission est de permettre de bien boire, de bien manger et de bien s’amuser.

Pourquoi avoir eu recours à Rebecca Benichou et son équipe ? 

Nicolas

J’avais rencontré Rebecca en tant que cliente chez Bisou et nous avions bien accroché. Je crois aux rencontres du destin. Aussi, je savais que l’aspect très moderne de son travail, assez épuré, pourrait bien matcher avec mes idées chaleureuses, chinées, mon sens du fouillis. Le mélange des deux mondes m’inspirait de belles choses… Le résultat parle de lui-même, je crois !

Rebecca, quelles ont été vos inspirations pour donner vie au brief de Nicolas ?

Rebecca

Dans ce bar à cocktails, le choix a été fait de mixer les codes pour un lieu à la fois chic et convivial. Dans les différents espaces, des matériaux précieux et chaleureux côtoient des murs laissés bruts. Influencées par un esprit eighties, les couleurs et les formes sont choisies pour plonger la clientèle dans une ambiance cinématographique. L’ensemble, associé à du mobilier chiné, crée un endroit imaginaire et familier. Une partie des éléments existants du lieu a été conservée : l’aspect des murs, les anciens miroirs, le bar en laiton et son emplacement. Nicolas souhaitait des booth au rez-de-chaussée pour créer des espaces intimes : ils ont été le point de départ du projet. Le travail des matériaux répond à la nécessité de faire un endroit élégant et chaleureux avec l’association du soubassement en carrelage et du velours sur les banquettes. Toutes les tables ont été faites sur mesure, avec des pieds colorés et des plateaux en granito de différentes couleurs. Enfin, le mobilier et les luminaires ont été chinés pour apporter une âme vintage et plus authentique au lieu !

Divine, paradis festif
Divine, paradis festif

Nous voulions un lieu où les gens pourraient se retrouver en bandes de copains pour boire de bonnes choses, que ce soit des cocktails, des vins ou des bières, sans prise de tête, tout en se régalant de mets un peu régressifs !

Divine, paradis festif
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Comment a été pensée la carte des cocktails du lieu ? Et son offre food ? 

Nicolas

La carte des cocktails a été pensée avec un impératif : un double niveau de lecture. Pour que le client néophyte trouve tout de suite ça intéressant et que l’expert puisse lire entre les lignes et apprécier les différentes strates de goûts, ainsi que le travail que cela demande. En termes de design, nous avons travaillé avec Manon Riquart, une jeune graphiste qui a représenté les cocktails. L’idée est que les clients puissent faire leur choix en un coup d’œil s’ils le souhaitent, ce qui est quand même génial quand on arrive pour faire la fête à minuit un samedi soir ou bien quand on prend l’apéro avec un ami qu’on n’a pas vu depuis longtemps ! Nous voulions éviter l’écueil des cartes de bar à cocktails où les clients ne comprennent pas ce qu’ils vont boire. Nous avons vu avec Bisou – qui n’a pas de carte et fait des créations sur mesure – qu’on attirait beaucoup de clients qui n’avaient pas pour habitude d’aller dans les bars à cocktails, parce qu’ils n’en comprenaient pas les propositions. Conserver cet aspect ludique était important. Pour la proposition « food », nous désirions revisiter les classiques de la nourriture de bar, avec de bons produits, bien sourcés. Toujours dans l’idée de passer de bons moments, sans se prendre la tête, mais tout en consommant des plats de qualité.

Pourquoi avoir fait le choix du Xᵉ ?

Nicolas

Nous étions jusqu’à présent dans le Haut-Marais, mais jamais dans l’optique d’y rester confinés. Nous avons toujours été ouverts à d’autres quartiers, seulement la vie ne nous avait jamais emmenés en dehors des XIᵉ / IIIᵉ arrondissements. La clientèle n’y est pas tant différente, cependant il y a beaucoup plus de bureaux, donc beaucoup plus d’afterworks… Les soirées commencent plus tôt en semaine !

Divine vous donne-t-elle déjà de nouvelles envies pour la suite ?

Nicolas

Il y a toujours plein d’idées qui fourmillent, mais nous souhaitons espacer de deux ans tous nos projets, afin de pouvoir bien les lancer ! En effet, chaque ouverture est très chronophage alors mieux il vaut ne pas se presser, ne pas trop s’y croire… Chaque ouverture nous rapproche de celle qui éventuellement ne fonctionnera pas, alors autant ne pas tenter le diable en ouvrant sans être vraiment prêts !

Divine, paradis festif
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