Familles

À Marseille, dans un « trois fenêtres » typique et solaire, entre influences 70, vie de château et modernisme brésilien

Chez Benoit Palas

Chez

Benoît Palas et Guilherme Marques

Dans le 6ᵉ arrondissement de Marseille, entre vie de quartier et lumière éclatante, Benoît Palas et Guilherme Marques ont posé leurs valises dans un appartement typiquement marseillais, un « trois fenêtres », baigné de soleil. Un décor qui semble aller de soi tant la ville, sa lumière et son énergie méditerranéenne résonnent avec leur histoire. Pour Benoît, architecte d’intérieur et ensemblier, Marseille fait écho à une enfance passée dans le Sud, entre des murs jaunes hérités de sa mère, dont le nom - déjà promesse - était Palas, et l’utopie architecturale de la Grande Motte, qui a façonné très tôt son goût pour la couleur et les formes des années 60-70. À cette base solaire s’ajoute l’influence de Guilherme, galeriste d'art contemporain Brésilien installé à Marseille depuis plusieurs années, dont le regard nourri de modernisme et du design de Belo Horizonte et São Paulo dialogue naturellement avec les vibrations marseillaises. Ensemble, ils ont réinventé cet intérieur phocéen en un lieu où l’histoire, les matériaux d’origine, une esthétique chaleureuse - et Georgette, le chien - cohabitent avec évidence.

Lieu

Marseille

texte

Anne-Laure Griveau

Photographies et Vidéos

Sabrina Hadj-Hacene

Chez Benoit Palas

Bout de canapé Max Sauze, vase Murano, cendrier Hermès, canapé DLGD Corbusier, luminaire François Monnet

Chez Benoit Palas

Table basse travail Italien, fauteuil Mushroom Pierre Paulin, banc Moustache, fauteuil cuir Sergio Rodrigues, tapis Jean Pierre Garrault Monoprix, tableau Rodrigo Matheus

Chez Benoit Palas

Plateau Noel Marinho, bougie Loewe, tableau de la série Venise Pierpaolo De Bona

Chez Benoit Palas

Georgette, le chien de la maison, fauteuil Mushroom Pierre Paulin

Chez Benoit Palas

Pigeon by Zoé Ladouce, petit tableau by Veronika Dräxler, vase en bois artisanat brésilien

Chez Benoit Palas

Table basse travail italien

Chez Benoit Palas

Bout de canapé Max Sauze, vase Murano, cendrier Hermès, canapé DLGD Corbusier, luminaire François Monnet

Chez Benoit Palas

Table basse travail Italien, fauteuil Mushroom Pierre Paulin, banc Moustache, fauteuil cuir Sergio Rodrigues, tapis Jean Pierre Garrault Monoprix, tableau Rodrigo Matheus

Chez Benoit Palas

Plateau Noel Marinho, bougie Loewe, tableau de la série Venise Pierpaolo De Bona

Chez Benoit Palas

Georgette, le chien de la maison, fauteuil Mushroom Pierre Paulin

Chez Benoit Palas

Pigeon by Zoé Ladouce, petit tableau by Veronika Dräxler, vase en bois artisanat brésilien

Chez Benoit Palas

Table basse travail italien

Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas

TSF

Pouvez-vous vous présenter ?

Benoît

Je suis Benoît Palas, architecte d’intérieur et ensemblier. On peut dire décorateur aussi, mais le mot ensemblier revient et je le trouve assez juste, ça dit bien cette envie que les choses vivent ensemble. Avant, j’étais journaliste à Paris, surtout pour la télévision, puis je suis revenu dans le Sud, d’où je suis originaire, et je me suis lancé dans l’architecture et la décoration. J’aime travailler avec les matériaux d’origine, garder ce qui a une histoire, et mêler ça à mon univers, assez solaire et coloré.

Guilherme

Moi, je suis Guilherme Marques. Je viens du Brésil, de Belo Horizonte, j’ai étudié le design graphique et les beaux-arts au Brésil et en Allemagne, et je suis arrivé à Marseille il y a six ans. J’ai depuis ouvert une galerie qui s’appelle Apartamento et j’organise des expositions pour faire vivre ici, à Marseille, le réseau d’artistes rencontrés un peu partout dans le monde. C’est génial de leur faire découvrir la ville, la scène artistique et de créer des choses nouvelles ensemble.

TSF

Qu’est-ce qui vous a amenés à Marseille ?

Benoît

Pour moi, c’est un retour aux sources. Je suis du Sud, ma famille est répartie entre le Gers, Nîmes et Montpellier.

Guilherme

Moi, c’était un mélange de hasard et d’envie. Dès mon arrivée aux Beaux-Arts de Marseille, je suis tombé amoureux de la ville, de son soleil et de sa lumière, qui me rappellent le Brésil. J’ai toujours rêvé de vivre proche de la mer, et ici, ça s’est imposé naturellement. Un an après mon arrivé, j’ai rencontré Benoît qui rénovait des appartements et m’a prêté l’un d’entre eux pour ma première exposition ici. J’ai adoré cette idée et me suis mis à exposer dans l’appartement au-dessus du nôtre. Il m’est aussi arrivé d’exposer dans un chantier de Benoit pour un restaurant ! Au mois de mai, nous ouvrons néanmoins une galerie physique.

TSF

Votre appartement a gardé beaucoup de son caractère d’origine…

Benoît

Oui, les mots d’ordre étaient rénovation, préservation et personnalisation. Les murs datent de 1890, le plan typique marseillais avec trois fenêtres et les circulations originales a été conservé. Tout a été rénové dans le respect du travail d’antan – les tomettes, les cheminées, etc. - , mais sans tomber dans le cliché du style méditerranéen d’aujourd’hui, avec les niches et des courbes de plâtre. L’idée, c’était que, malgré les influences modernistes et brésiliennes, l’appartement paraisse avoir toujours été là.

TSF

Et la couleur, avec ces variations autour de l’ocre ?

Benoît

C’est un héritage familial. J’ai grandi à Montpellier, dans une maison où les murs étaient jaunes ou roses. Il y avait beaucoup d'œuvres d'art, surtout classiques qui se mélangeaient à un style très exubérant. Ma mère – dont le nom de famille était « Palas » - aimait le Louis XV et le Napoléon III, elle aimait les trucs très pompeux. Mon oncle et ma tante avaient un château, dont je n’ai gardé que le tableau dans notre chambre. J’ai grandi dans cet univers un peu poussière et surtout gardé le goût du jaune. Cette couleur apporte de la lumière, de la chaleur, et surtout de la joie. Heureusement Montpellier, c’est aussi la Grande Motte et j’ai été bercé par son utopie architecturale et ses formes 60-70 que l’on retrouve dans mon travail.

TSF

Justement, tu le décrirais comment ton travail ?

Benoît

Un peu de tout ça et cette culture du mouvement moderniste que Guilherme m’a apporté. J’aime rénover sans tout détruire, tout raser. Je préfère préserver, je garde toujours un élément existant, un granito jaune ou une tomette, en général je pars d’un détail qui m’inspire. Une fois que les gens m’ont montré leurs références, je cherche à comprendre comment ils vivent, ce qu’ils aiment vraiment, au-delà de ce qu’on voit passer sur Instagram. Et puis j’aime travailler la couleur, je viens du sud, il faut que ce soit vivant.

Chez Benoit Palas

Lampe Cactus by Mickael Koska, table marbre Roche Bobois vintage, tableau Fábio Colaço, chaise danoise

Chez Benoit Palas

Cocquetier et couvert Christofle

Chez Benoit Palas

La préparation des pão de queijo, petites boules de pain et fromage brésiliennes

Chez Benoit Palas

Saladier monoprix, corbeille à pain Christofle

Chez Benoit Palas

Suspension PH Poul Henningsen

Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas

Lampe Cactus by Mickael Koska, table marbre Roche Bobois vintage, tableau Fábio Colaço, chaise danoise

Chez Benoit Palas

Cocquetier et couvert Christofle

Chez Benoit Palas

La préparation des pão de queijo, petites boules de pain et fromage brésiliennes

Chez Benoit Palas

Saladier monoprix, corbeille à pain Christofle

Chez Benoit Palas

Suspension PH Poul Henningsen

Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas

Benoît Palas

Tout a été rénové dans le respect du travail d’antan – les tomettes, les cheminées, etc. - , mais sans tomber dans le cliché du style méditerranéen d’aujourd’hui, avec les niches et des courbes de plâtre. L’idée, c’était que, malgré les influences modernistes et brésiliennes, l’appartement paraisse avoir toujours été là.

Chez Benoit Palas

TSF

Guilherme, comment avez-vous choisi les œuvres et comment jouez-vous avec le soleil pour les accrocher ?

Guilherme

Je travaille avec des artistes qui ont une personnalité forte, parfois irrévérente. Leur travail doit provoquer, toucher, créer du dialogue avec l’espace. Ici, il y a tant de lumière directe que cela influence la mise en valeur de chaque œuvre. Toutes ne peuvent pas être accrochées partout, pour des raisons de conservation ou de reflets, elles ont leur place exacte. Mais la lumière à Marseille, c’est quand même un élément très important pour les artistes. Van Gogh, Matisse, Picasso… dans l’histoire de l’art, on ne compte pas les artistes qui se sont installés dans le sud de la France inspirés par celle-ci. Il y a un pendant : cela signifie beaucoup de mistral, car c’est lui qui chasse les nuages !

TSF

Comment le quartier et la vie marseillaise influencent-ils votre quotidien ?

Benoît

Nous sommes dans le 6e arrondissement, à proximité du cours Julien. On adore le marché juste en bas, on y achète notre poisson, nos fleurs, nos légumes. Nous avons de la chance, c’est une région où il y a de beaux produits. Ici, c’est le quartier des Antiquaires. Il en reste quelques-uns. Rue Edmond Rostand, il y a l’Estive tenue par une vendeuse de verres en cristal et d’argenterie, elle est trop mignonne, on l’adore. C’est vraiment le quartier de l’art de vivre, un peu à l’ancienne, et c’est ce que nous aimons. C’est un quartier qui n’est pas encore vraiment à la mode, mais qui se dépoussière quand même avec des restos comme Jacqueline, où on va régulièrement, comme au Café de la Banque, très authentique.

TSF

Et côté matériaux et mobilier, quels choix avez-vous faits pour cet appartement ?

Benoît

Je voulais absolument un bureau dans la chambre, ce qu’on a fait, et bien, je n’y ai pas travaillé une seule fois ! Nous vivons énormément dans notre chambre que j’adore, mais la lumière directe dans le salon est telle que son énergie nous gagne quand il faut travailler. Dans la chambre, on a opté pour deux meubles de cuisine en inox posés en miroir autour d’une cheminée et un tableau ancien venu de ma famille. Leur côté fonctionnel tranche avec le reste - la courtepointe de ma maman sur le lit et le rideau du dressing - je trouve ce mélange intéressant. Au contraire, pour créer une continuité entre le salon et le balcon, j’ai utilisé du carrelage – j’adore le carrelage -, mais posé comme du parquet mosaïque. C’est en réalité Guilherme qui a eu cette idée d’intérieur-extérieur qui fonctionne encore mieux en été et qui conserve, je trouve, l’essence méditerranéenne de l’appartement.

TSF

Avez-vous des rituels dans cet appartement ?

Benoît

Le petit-déjeuner installés sur la table du salon où le soleil donne dès le matin. Nous avons aussi un petit balcon très bien exposé où nous avons installé une petit cuisine d’été et où nous passons beaucoup de temps. Nous ne sommes pas des mondains, nous ne sortons pas beaucoup, mais nous aimons bien recevoir des amis. Dans ce cas, Guilherme prépare des pão de queijo, des petites boules brésiliennes au fromage, un délice !

TSF

Quels projets à venir ?

Benoît

De mon côté, Solstice, restaurant et bar audiophile qui vient d’ouvrir à Marseille. Venu du japon, ce concept du bar à vinyles est parfois un peu froid, j’ai donc voulu y apporter de la chaleur et me suis notamment inspiré de la très solaire exposition The Weather Project d’Olafur Eliasson, à Londres en 2003.

Guilherme

Et surtout l’ouverture de notre lieu commun !

Benoît

Oui, nous allons ouvrir très prochainement un espace qui sera à la fois la galerie de Guilherme – Dyptique, sa première expo se tiendra en mai ! – mon bureau et le showroom de ma nouvelle activité de curation de design, mobilier et objets de construction. Lancement fin mars ou début avril pour cette activité qui vient compléter celle du cabinet d’archi intérieure !

Chez Benoit Palas

Boites en marbre Alva Design - Brésil

Chez Benoit Palas

Chaise Malmousque by Mickael Koska, tissu rideau Nobilis

Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas
Chez Benoit Palas

Tapisserie Christian Royer, tête de lit Nobilis, table de chevet componibili / Anna Castelli, lampe à poser vintage ICI - Brasil

Chez Benoit Palas

Meubles de cuisine professionnel, lampe à poser série « Télévision » par Frédéric Bourdiec

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