Familles

Jeux de bleu et de jaune pour un printemps vibrant dans cet appartement de Saint-Ouen

Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince

Chez

Caroline Derveaux et Hugo Vince

Artiste, architecte d’intérieur, directeur artistique, designer… À eux deux, Caroline Derveaux et Hugo Vince font le tour du spectre créatif. Curieux du monde et des gens, assoiffé d’indépendance, le couple a créé à Saint-Ouen, aux portes de Paris, son foyer – ainsi qu’il le nomme – tout en aplats de couleurs vives et en matériaux joyeusement éclatants. Une intensité parfaitement à propos, à l’heure où s’installe l’hiver… Ici, les murs se font l’écho des rires, et l’on se sent tout de suite intégré au quotidien de la famille, fait d’un tourbillon d’art, de projets, d’amis et d’aventures, le tout sous l’œil bienveillant de leur emblème, un cercle surmonté d’un triangle qu’ils nous détaillent un peu plus loin, et qui nous ferait plutôt penser à l’œil doux d’une divinité de bonne humeur. Rencontre.

Lieu

Saint-Ouen

texte

Elsa Cau

Photographies et Vidéos

Valerio Geraci

Chez Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
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Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
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TSF

Caroline, Hugo, quel est votre parcours ?

Caroline

Je suis artiste peintre et muraliste. J'ai étudié aux Beaux-Arts de Londres, à la University of the Arts. Le métier de muraliste est venu par le biais de la scénographie il y a dix ans. Petit à petit, j'ai commencé à intégrer le grand format à mon travail : sur des murs, dans l'espace public ou sur des surfaces diverses. J'ai collaboré à la fois avec des collectivités et des entreprises, et j'ai tout un travail de peinture sur toile exposé dans des galeries. Avoir plusieurs casquettes me permet réellement d'intégrer différents espaces. Et c'est vrai qu’exposer des toiles dans des galeries n'est pas la même chose qu'exposer son travail pour tout le monde. Je pense surtout à celles et ceux qui croient que l'art n’est pas fait pour eux. D'où mon travail justement avec les collectivités. Sinon, j'ai vécu plus ou moins une dizaine d'années à l'étranger, en Allemagne, en Espagne, en Chine, au Mexique... Puis je suis revenue en France en 2020, avec un besoin d'ancrage très fort.

Hugo

Après mon bac, j'ai fait une prépa pour l'école Penninghen, mais ce n'était pas fait pour moi. Je suis parti au bout de trois mois. Cela m'a quand même permis de présenter un pseudo-book à l'école Camondo qui m'a accepté. J'ai fait six ans d'études là-bas. J'y ai rencontré Adèle Nourry, mon associée, qui est le deuxième pilier de ma vie. Une femme incroyable. Dix ans qu'on dirige la société ensemble. Et on l'a montée juste en sortie d'école ! Dès notre cinquième année, on avait d'ailleurs commencé à travailler sur un projet tous les deux. Puis, on a eu un projet de péniche sur lequel on a bossé pendant un an et demi en gagnant 100 euros tous les deux mois (rires). C'était un peu compliqué, mais on a tenu bon. D'ailleurs, notre première cliente, celle qui a lancé notre cabinet Atelier HA, est toujours là, dix ans plus tard : nous sommes en train de finaliser notre troisième projet pour elle.

TSF

Vous parliez de scénographie, Caroline. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Caroline

Après mon diplôme en 2015, j'ai continué la peinture. J'avais de petits boulots en parallèle mais je suis vraiment passée artiste à plein temps en 2017. En 2015, je collaborais avec une galerie qui m'avait fait intervenir pour les aspects de scénographie sur le festival We Love Green, et c'était la première fois que je travaillais sur autre chose qu'une surface plate. Là, on m'a fait peindre sur des assises, du mobilier. Cette expérience a été ma porte d'entrée vers la conscience de mon art, dans une dimension plus étendue, appliqué à une surface beaucoup plus vaste qu'une simple toile ou une feuille de papier.

TSF

Quel a été le projet phare, jusqu'à maintenant, d'Atelier HA ?

Hugo

Le restaurant Mistinguett ! On n'avait jamais vraiment fait de restaurant mais on a eu la chance d'avoir carte blanche. Bon, c'était aussi beaucoup de pression, très intense et la complexité de prendre une direction plutôt qu'une autre artistiquement parlant, mais ç'a été vraiment fondateur pour nous ! Il faut préciser qu’à ce moment-là, Adèle comme moi venions d'enchaîner les enfants (rires). C'était en 2023 et ce fut très formateur.

TSF

Y a-t-il un style propre à l'agence HA ?

Hugo

Le fait qu'on ait commencé très tôt sans passer par des agences d'architecture d'intérieur auparavant a été très compliqué au début mais a aussi créé notre force, selon moi. Nous avons échappé au danger d'être un peu formatés ! Pour autant, c'est difficile de décrire un style... Nous, bien sûr, c'est la couleur et la joie. Mon ami Jérémy Pradier m'a dit un jour : « Pour moi, l'Atelier HA, c'est un peu le mélange entre un café PMU et Le Corbusier. » Il a raison ! Ce côté très populaire, franchouillard, même, existe chez nous.

TSF

Quel est ce besoin d'ancrage que vous évoquiez plus tôt, Caroline ?

Caroline

Je ne pensais pas revenir vivre en France. Je pensais me ressourcer en France parce que pendant deux ans, je n'étais jamais chez moi, tout le temps dans des pays étrangers à suivre des projets – et beaucoup de fêtes aussi (rires). Je suis rentrée pour me reposer et ne plus voir personne. Me confiner... avant le confinement ! C'est là que j'ai fait cette série en triptyque sur toile qui est dans mon salon, la première d'une vraie série sur ce support. Cette œuvre revêt donc une certaine importance pour moi. Avant, j'avais réalisé quelques toiles, mais de manière assez anecdotique. Je peignais beaucoup sur des matériaux trouvés dans la rue, ou sur du bois. Cela m'a fait du bien de mettre mon travail sur toile, d'avoir cet espace d'expression confiné. Au même moment, je suis tombée amoureuse de mon meilleur ami, Hugo ! Donc après, c'était une évidence de rester en France, de s'installer aux puces et d'être heureux ici.

Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
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Caroline Derveaux

Nous sommes des militants de la couleur ! Nous voulions un espace extrêmement coloré et stimulant pour nous, pour les enfants, pour notre bien-être mental et physique. Un appartement aux mille couleurs, voilà comment on pourrait le décrire.

Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
Chez Hugo Vince
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TSF

Je ne sais plus si nous nous tenons dans une comédie romantique ou à Saint-Ouen, chez vous !

Hugo

Bien avant ça, j'étais allé voir Caroline en Chine. Et on a retrouvé une vidéo où je la demandais en mariage à 5 heures du matin (rires). "J'ai 22 ans, je veux des enfants et tu es la femme de ma vie". Le lendemain, Caroline rencontrais quelqu’un d'autre, avec qui elle est restée pendant sept ans. Moi, je suis rentré et deux semaines après, je sortais avec une femme... Pendant dix ans, on a mené cette vie ! On a toujours eu un truc. Le déclic a eu lieu à la fin de la pandémie. On était près du feu dans le Perche, chez un copain. On a vécu un moment… un instant de grâce.

Caroline

C'était le 16 mai 2020. Neuf mois après, j’étais enceinte.

TSF

Repartirez-vous vivre à l'étranger ?

Hugo

J'ai beaucoup voyagé avec mes parents. On a fait un tour du monde pendant un an et demi ! J'ai toujours eu envie de voyager pour mes études, par la suite, mais je n’ai jamais vraiment pu. Mon dossier scolaire n'était, souvent, pas assez bon ! Heureusement, j'allais rendre visite à tous mes amis à l'étranger, comme Caroline.

Caroline

Je suis sûre qu'un jour on pourra partir, qu'on aura un projet. On n'a pas envie de vivre ailleurs, pour le moment. En revanche, nos voyages se font souvent à travers un projet. Par exemple, tous les ans, on va au Maroc parce que je pars en résidence pour un travail que je continue au fil des années. Donc, j'en suis sûre : un jour on aura un projet qui nous fera collaborer tous les deux, qui sera loin et on devra emmener toute la famille. On partira peut-être six mois ou un an et Hugo pourra réaliser son rêve !

TSF

Où avez-vous grandi, et comment votre environnement a-t-il influencé votre goût, selon vous ?

Caroline

Je suis née à Rueil-Malmaison, dans le 92. Après quoi j'ai vécu à Suresnes et à Saint-Cloud. C'est là que j'ai rencontré Hugo, au collège Émile Verhaeren de Saint-Cloud. À 16 ans, j’ai déménagé dans le 17ᵉ à Paris avec ma mère. Et à 18 ans, je suis partie vivre à l'étranger. Chez nous, il y avait beaucoup de livres et de tableaux, mais pas un style en particulier dans lequel je me retrouve. On ne m'emmenait pas spécialement au musée non plus. L'art, c'est vraiment quelque chose que je suis allée chercher. C'est un besoin, une question de survie. L’amour du beau que je mets dans mes toiles, c'est une nécessité. Tout à l'heure, je parlais de bien-être mental. Le mien dépend du fait de me réapproprier ce qu'il y a autour de moi, d'en faire ma propre vérité.

Hugo

Moi, j'ai grandi dans l'ouest de Paris, dans le 78. Puis je suis allé à Saint-Cloud au collège. Mon père travaillait dans la pub. Tous les dimanches, il nous emmenait au musée, au cinéma. Ce sont mes parents qui m'ont apporté le sens esthétique, le goût du beau, pour le design notamment. Ils se sont construit une super maison pendant trois ans. Assez particulière, une espèce d'énorme loft. J'allais aux réunions de chantier. Et c'est là que je me suis dit : j'ai vraiment envie de faire ça.

TSF

Comment avez-vous trouvé ce lieu ?

Caroline

On vivait déjà dans le quartier. Nos amis habitaient ici, dans cet appartement, qu'ils ont voulu vendre pour trouver plus grand. Un coup de chance ! Avant cela, Hugo m'avait suggéré, pendant la recherche de notre précédent appartement, de regarder vers Saint-Ouen. J'ai longuement hésité : je n'avais pas considéré de retourner en banlieue. Mais je constate que la banlieue proche de Paris n'a rien à voir avec la lointaine ! Saint-Ouen, ce n'est plus une banlieue. Il s’y trouve une foule de cultures différentes, les puces, une vie de quartier, mais aussi de la tranquillité. Je me suis donc découvert l'âme d'une banlieusarde.

TSF

Quelle ambiance avez-vous voulu créer chez vous ?

Caroline

Nous sommes des militants de la couleur ! On voulait donc avoir un espace extrêmement coloré et stimulant pour nous, pour les enfants, pour notre bien-être mental et physique. Un appartement aux mille couleurs, voilà comment on pourrait le décrire. Il tourne beaucoup autour du jaune, de l'orangé, du turquoise, faisant écho aux teintes qu'on peut utiliser chacun dans notre travail d'architecte d'intérieur et de peinture. Côté design et pièces fétiches, on s'est entourés du travail de nos amis en plus du nôtre ! Voilà, c'est un lieu vraiment vivant et qui invite aussi à la rêverie.

Hugo

C'est aussi le seul endroit où on pouvait se permettre et tenter des choses ! De mon côté, en tant qu'architecte d'intérieur, professionnellement parlant, j'ai toujours un peu de mal à pousser les clients vers une cuisine turquoise et jaune (rires). Ici, on s'est fait plaisir. On est libres d’essayer ce qu’on veut.

TSF

Avez-vous effectué beaucoup de travaux ?

Caroline

Assez peu, principalement de la décoration. On a fabriqué cette niche pour intégrer le frigidaire et le congélateur. On a posé un carrelage dans le dressing, on a fait peindre le sol en blanc, on a fabriqué une tête de lit, on a monté nos étagères... On a également peint nos radiateurs et nos tuyaux parce que cela faisait vraiment partie de notre charte graphique d'appartement. La cuisine est venue plus tard, un an après notre installation, au cours de l'été 2022. Il y a eu un temps de réflexion, de dessin et réalisation. Donc quand on est arrivés, on a vraiment aménagé l'appartement petit à petit. Ç’a été un processus de plusieurs années. Mais, effectivement, c'est tout un travail de décoration, d'aller chiner la bonne pièce, de discuter pendant six mois pour s’accorder sur cette table, ces chaises. Nous avons toujours un désir commun, mais chacun de nous a quand même des références différentes et des choses à défendre. Il y a aussi la contrainte d'avoir du mobilier qui ne soit pas fragile vis-à-vis des enfants, et qu’on puisse nettoyer facilement, aussi. Cette table en mélaminé est très facile à laver, de même que les chaises avec le cuir et le métal.

Hugo

J'étais angoissé à l’idée de l’appartement avec le sol jonché de jouets et le parc en plein milieu de la pièce. Et en même temps, on veut totalement assumer qu'on a des enfants qui puissent se poser un peu partout. Donc, toutes les pièces qu'on a choisies dépendent de ce critère. Les enfants vivent très bien ici, ils ont accès à tout, peuvent jouer partout. Mais chacun a quand même ses espaces. Pas toujours les plus attendus : les filles adorent jouer dans le fond du dressing et notre fils, dès qu'il veut être tranquille, prend ses jouets et s'enferme dans les toilettes. (Rires.)

Caroline

Je précise qu’on ne s'adapte pas spécifiquement, dans notre style, aux enfants. Eux nous inspirent, en revanche ! Bien vieillir, pour moi, c'est cultiver son émerveillement, être tout le temps stimulé, garder cette âme d'enfant. Je trouve qu'on a beaucoup à apprendre des enfants.

Hugo

Pour notre intérieur comme pour certains projets, on a travaillé ensemble, ce qui était un plaisir. Même avant d'être amoureux, on était très investis dans la carrière l'un de l'autre, on se conseillait beaucoup, alors c'est très naturel, pour nous.

TSF

Avez-vous une pièce en particulier que vous aimez, ici ?

Caroline

On a un emblème, qu'on s'est fait tatouer, tous les deux. C'est notre signature. On s'appelait les "boules", quand on était jeunes. On a décidé d’en faire une vraie pièce pour l’appartement : c’est ce néon, sur le mur du salon. On a dessiné une maison pour la maison des Boules. Parce qu'on ne voulait pas un truc trop fermé ! Liberté et sécurité : le foyer selon nous. Et cet emblème en version lumineuse éclaire notre appartement ! Notre amour qui réchauffe, qui illumine.

Chez Caroline Derveaux et Hugo Vince
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