Familles
Perché sur les toits de Paris, un refuge entre énergie et apaisement
Chez
Julien Sebbag, avec Carla Poquin
Habitué à imaginer des cartes et des lieux à forte identité (Micho, Café Shin...), l’un des chefs les plus créatifs de Paris nous accueille dans son nouvel appartement. Pensé comme le refuge d’un quotidien à cent à l’heure, cet étage élevé prolongé d’une immense terrasse conjugue lumière insolente et quête de zen. Dans la cuisine, chaises fleuries et table laquée blanche donnent le ton de savoureuses associations. Au salon, guitare, vinyles - Bowie en tête - et ampli dialoguent avec une chambre et une salle de bain volontairement inspirées de l’hôtellerie et de son confort. Un intérieur à l’image de la cuisine de Julien Sebbag : libre, hybride, et subtilement décalé.
Lieu
Paris
texte
Anne-Laure Griveau
Photographies et Vidéos
Margaux Buisson, Gautier Billotte, Eugenia Montresor
The Socialite Family et
vert olive The Socialite Family
vert olive The Socialite Family et
The Socialite Family
The Socialite Family et
velours de mohair vermillon The Socialite Family
Table basse Cookie Uchronia
TSF
Racontez nous votre histoire avec cet appartement ?
Julien
J’étais très heureux dans mon précédent appartement, mais il mesurait 38 m². En grandissant - j’ai 33 ans -, j’ai ressenti le besoin d’un espace plus vaste pour recevoir, travailler, cuisiner… J’avais envie de respirer davantage, et surtout de passer plus de temps chez moi.
TSF
Qu’est-ce qui vous a séduit ici ?
Julien
L’adresse, d’abord : être au cœur du Paris historique. Puis la lumière. En arrivant, je me suis dit : “Comment ne pas être heureux ici ?” On est en étage élevé, c’est très ouvert, très vivant. Et il y a cette terrasse incroyable… Elle prolonge vraiment l’appartement - j’essaie d’en profiter dès que possible. C’est un luxe immense en ville. J’adore aussi la grande chambre. Je l’ai pensée presque comme une suite d’hôtel avec dressing et salle de bains, j’avais ce fantasme depuis longtemps, pour me retrouver comme dans un cocon quand je rentre chez moi.
TSF
Comment définiriez-vous son style ?
Julien
Moderne, mais pas du tout aseptisé. Élégant, mais sans être ostentatoire. Il y a quelque chose d’assez humble dans cet appartement : il est beau, mais il n’en fait pas trop. Il y a une forme d’équilibre entre mouvement et ancrage. Entre mon métier, très tourné vers les autres, et ce besoin de calme, de simplicité.
TSF
Retrouve-t-on dans votre intérieur le même mélange d’influences que dans votre cuisine ?
Julien
Oui, complètement. Chaque pièce est forte individuellement - comme le
ou la
The Socialite Family -, avec du caractère, mais l’ensemble reste très digeste, esthétique et confortable. Comme dans une assiette : il faut que ça raconte quelque chose sans être trop chargé.
TSF
Comment s’est construit votre regard esthétique ?
Julien
Beaucoup par mon métier. En tant que chef et entrepreneur, je travaille constamment avec des architectes, je conçois des lieux, des expériences. Ça m’a appris à regarder, à choisir, à me projeter. Et puis les voyages, évidemment - beaucoup en Asie ces dernières années : Vietnam, Corée du Sud, Japon, Thaïlande… Les lignes, les matières, les parfums qu’on y retrouve m’inspirent énormément. Je partage une grande partie de la philosophie du zen, de l’apaisement tout du moins. J’ai toujours été très chill dans ma vie. C’est quelque chose que j’ai essayé d’installer dans cet appartement, avec des objets spirituels, d’autres rassurants, des coins très lumineux et d’autres plus calmes…
Collection de couteaux japonais
blanche The Socialite Family,
tapissées The Socialite Family et
rouge vermillon en velours de mohair The Socialite Family
Balance chinée à Singapour
blanche The Socialite Family,
vermillon en velours de mohair The Socialite Family
Carla Poquin et Lilo, machine à café La Marzocco.
Les lignes, les matières, les parfums que l'on retrouve en Asie m’inspirent énormément. Je partage une grande partie de la philosophie du zen, de l’apaisement tout du moins. J’ai toujours été très chill dans ma vie.
sable The Socialite Family, parure de lit Bonsoirs,
The Socialite Family
TSF
Quels sont vos rituels dans cet appartement ?
Julien
J’ai des rituels très ancrés, surtout le matin. Comme je travaille beaucoup le soir et que je rentre souvent tard, le réveil est mon moment à moi. Je prends le temps : un peu de yoga dans le salon, puis un petit-déjeuner assez généreux - souvent protéiné, avec des œufs. Et ensuite, café sur la terrasse. C’est un moment de calme, presque méditatif, qui dure facilement une heure ou plus.
TSF
Votre approche de la restauration est très globale. D’où vient cette envie de créer des univers complets, avec des architectures très créatives ?
Julien
J’ai une formation en école de commerce, donc j’ai toujours vu la restauration comme une aventure entrepreneuriale. Au moment où j’ai commencé, autour de 2013, on voyait émerger des lieux où l’expérience globale - le design, la musique, l’art de la table, l’ambiance - comptait autant que la cuisine. J’ai grandi à Paris, mais j’ai pas mal voyagé pendant mes études, à Londres ou Tel Aviv, et j’ai pu observer ces mutations. C’est ce qui m’a donné envie de faire ce métier différemment.
TSF
Y a-t-il un élément essentiel que l’on retrouve dans tous vos établissements ?
Julien
La cuisine ouverte. C’est très important pour moi. D’abord par curiosité - quand je suis client, j’aime voir ce qui se passe - mais aussi pour la transparence et pour valoriser les équipes. C’est, par ailleurs, comme ça que je suis devenu chef. J’étais étudiant, destiné à diriger des entreprises, notamment de restauration, et j’allais en cuisine pour comprendre comment cela se passait… C’est ainsi que je suis tombé amoureux de l’art culinaire. Montrer le geste, le travail, c’est essentiel.
TSF
Quel est votre rapport à l’art de la table ?
Julien
C’est une vraie obsession. J’aime la céramique imparfaite, les pièces uniques, les aspérités. C’est dans ces dernières que l’on voit vraiment la touche de l’artisan. J’ai beaucoup travaillé avec Suzy Forma, dont j’adore le travail artisanal. Il y a également Marion Graux ou Jars Céramistes, ces derniers sont plus gros et plus historiques. Je rapporte aussi beaucoup de pièces de mes voyages ; Tokyo, Kyoto ou Séoul. Aujourd’hui, ça va mieux, mais avant, je consacrais l’essentiel de mes séjours à trouver la plus belle céramique !
TSF
Un objet fétiche chez vous ?
Julien
Il y a un cercueil dans mon salon ! Je l’ai rangé pour votre venue, mais j’ai une figurine de l’Étrange Noël de Monsieur Jack qui ne me quitte pas. Elle me rappelle mon enfance et une forme d’insouciance, de lâcher-prise assez créatif ; j’adore l’univers de Tim Burton. Mais mon vrai totem, c’est ma machine à café La Marzocco. C’est une machine professionnelle, comme dans les coffee shops. Elle fait vraiment partie de mon rituel du matin. J’ai mis du temps à l’avoir - c’est un investissement conséquent - mais aujourd’hui, elle célèbre chaque début de journée et chaque moment partagé avec mes proches.
TSF
Il y a un habitant dont nous n’avons pas parlé…
Julien
Oui, Lilo, c’est un chat sphynx qui adore chasser les rayons de soleil pour faire la sieste dans l’appartement, il fait partie de ma famille à 100%.
The Socialite Family
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