Paradisoterrestre, la mémoire vive <br> de Dino Gavina

Paradisoterrestre, la mémoire vive
de Dino Gavina

Jusqu’au 1er octobre, Bologne célèbre Dino Gavina ! Très active pour préserver le souvenir de cet éditeur hors du commun, la ville d’origine du co-fondateur de Flos organise durant sa Design Week “Scatto Libero“. Une exposition complète qui retrace les tout premiers pas de Dino Gavina, de sa tapisserie acquise après la seconde guerre mondiale et dont nous avons réussi à retrouver la trace, jusqu’à sa dernière aventure : Paradisoterrestre. Créé à la fin des années 70 après avoir anticipé avec Ultramobile – sa gamme mi-mobilier, mi-aventure – les mouvements révolutionnaires de 1968, la maison d’édition Paradisoterrestre achève de briser les frontières entre art et design. L’occasion pour Dino Gavina, incurable philanthrope, de mettre ses célèbres amitiés en avant. Man Ray, Marcel Duchamp, Giacomo Balla ou encore Kazuhide Takahama : ils sont nombreux à signer pour Paradisoterrestre des meubles oeuvres d’art en y appliquant les principes du Ready-Made. Orchestrant dans l’ombre la production en série comme il sait le faire depuis sa rencontre avec Marcel Breuer, Dino Gavina démontre ainsi le potentiel culturel et esthétique de l’industrie. Un exutoire pour les créatifs, qui rend possible leurs rêves les plus fous et permet à Dino Gavina de marquer à jamais le monde du design. Une mission que perpétue aujourd’hui Gherardo Tonelli. Passionné par la manière de travailler du maître, cet ancien sportif que rien ne prédestinait à sauvegarder un pan de l’histoire italienne, pousse les collaborations et les synergies de Paradisoterrestre à l’international. Un avenir qui s’annonce radieux pour la marque, qui ouvrira d’ici le printemps 2018 une galerie à Paris, fruit d’une étroite collaboration avec le  jeune designer Pierre Gonalons.

Scatto Libero, du 20 septembre au 1 octobre au Palazzo Pepoli Campogrande, 40124 Bologne. Avec la contribution de Paradisoterrestre.

Paradisoterrestre Showroom Bologne
Paradisoterrestre Showroom Bologne
Paradisoterrestre Bologne Showroom
Paradisoterrestre Bologne Showroom
Paradisoterrestre Bologne Showroom
Paradisoterrestre Bologne Showroom

Gherardo, pouvez-vous vous présenter ?

GHERARDO

Je suis un ex-sportif ! Jusqu’à l’âge de 28 ans j’ai été joueur semi-professionnel de football américain en Italie, puis j’ai travaillé brièvement dans ce milieu jusque dans les années 90. Petit à petit j’ai commencé à me rapprocher du monde du design et du mobilier. J’ai commencé par importer d’Inde des meubles antiques et coloniaux mais avec le temps j’ai vraiment commencé à me passionner pour le design contemporain.

Comment avez-vous découvert le travail de Dino Gavina ? Comment ce personnage est-il rentré dans votre vie ?

GHERARDO

Depuis l’enfance je vis au contact du monde de l’art, du design et de la mode. Ma mère, Giorgia Rapezzi, est une styliste et entrepreneure assez connue dans le milieu qui aimait très tôt collectionner des pièces d’art et des objets de design. Certaines lui ont été offertes par Dino Gavina lui-même.

Qu’aimez-vous dans le travail de cet homme exceptionnel ?

Gherardo

Dino Gavina m’a toujours impressionné par sa manière de travailler. Cet homme a toujours cherché à travailler en dehors des modes et des succès immédiats pour communiquer et surtout, transmettre une certaine culture du meuble et de la pièce. Le Centre Duchamp en est un parfait exemple. Ce bâtiment a été fondé en l’honneur de Marcel Duchamp à la fin des années 60. Dino Gavina recevait des artistes amis comme Lucio Fontana, Man Ray, Julio Le Parc, Allen Jones – pour n’en citer que quelques-uns. Gavina aimait fédérer ces personnalités, du designer à l’entrepreneur au travers de projets artistiques et culturels.

Paradisoterrestre Bologne Showroom
Paradisoterrestre Maison Bologne Showroom
Paradisoterrestre Showroom Bâtiment Bologne
Paradisoterrestre Showroom Bologne
Paradisoterrestre Showroom Bologne
Paradisoterrestre Bologne Showroom
Paradisoterrestre Showroom Bologne Portrait Gherardo Tonelli
Paradisoterrestre Showroom Bologne

D’où vous est venue l’idée de reprendre les éditions Paradisoterrestre ? Quelle en est pour vous la signification ?

GHERARDO

L’amitié que j’ai pour les filles de Dino Gavina, Sandra et Silvia, m’a donné l’occasion de relever la marque historique du père : Paradisoterrestre. C’est une opportunité unique mais aussi un héritage lourd, car la genèse de Paradisoterrestre a été pensée dans les années 70. Son acquisition n’a pas été juste une envie de la relancer, c’est aussi une façon de récupérer des projets importants qui font partie intégrante de l’histoire du design italien.

Aujourd’hui vous reprenez en main l’édition de meubles. Combien y’en-a-t-il ? Comment comptez-vous développer la marque ?

GHERARDO

Les rééditions historiques provenant des archives sont à la base du projet entier, certaines de ces dernières sont : le divan et les fauteuils Naeko designés dans la version en bois par Kazuhide Takahama en 1958. Ce modèle a été le premier inséré dans le catalogue. De ce même architecte japonais nous avons réédité le divan Mantilla depuis son dessin original datant de 1974. Un autre des modèles importants relancés a été celui de la lampe Garbo de 1973 designée par l’artiste japonais Mariyo Yagi. Et puis il y a bien sûr deux projets chers à Gavina : le miroir Labbra et celui de Venere, merveilleux hommage à son cher ami Man Ray. Lui-même a imaginé la lampe de table Rue Ferou en1972 avec l’entrepreneur bolognais Cacciari, qui s’est occupé de la réalisation des premiers prototypes. Le développement de la marque est lié à la volonté de compléter toujours plus les collaborations et les synergies à l’international, comme par exemple celle que nous avons faite avec la maison Pierre Frey, qui, enthousiaste sur le projet Paradisoterrestre, a souhaité être à nos côtés pour développer la ligne de tapis et de tissus dessinée en exclusivité par le jeune designer Pierre Gonalons.

Comment Bologne, la ville natale de Dino Gavina, met-elle en avant le travail de ce dernier aujourd’hui  ?

GHERARDO

La ville est très active pour préserver le souvenir et la figure de Dino Gavina. D’ailleurs il y a en ce moment une grande exposition qui lui est dédiée et naturellement nous sommes partenaire officiel de l’évènement.

Paradisoterrestre Showroom Bologne
Paradisoterrestre Showroom Bologne
Paradisoterrestre Bologne Showroom
Tapisserie Bologne Dino Gavina
Tapisserie Bologne Dino Gavina
Tapisserie Bologne Dino Gavina
Tapisserie Bologne Dino Gavina

Où peut-on trouver et admirer la collection de Paradisoterrestre en France ?

GHERARDO

Avec mon ami le designer Pierre Gonalons, nous sommes en train de planifier l’ouverture au printemps 2018 d’une galerie à Paris où nous présenterons notre collection mais aussi des pièces originales d’époque. C’est un axe Bologne-Paris important qui posera de bonnes bases pour planifier les futures collaborations au niveau international. Mais en attendant vous pouvez aussi vous procurer des pièces sur le site officiel de Paradisoterrestre.

Quels sont vos projets  ?

GHERARDO

Travailler avec de jeunes designers a toujours été à la base de nos projets futurs. Nous sommes d’ailleurs en train de travailler avec des écoles de design dans toute l’Europe.

Avez-vous une bonne adresse à nous conseiller Gherardo ?

Gherardo

Alors ce n’est peut-être pas la plus connue mais c’est sans aucun doute la meilleure apour apprécier la cuisine traditionnelle bolognese : la Trattoria La Croara. Elle se trouve sur les collines, à 10 minutes du centre de Bologne.

Tapisserie Bologne vue Dino Gavina
Paradisoterrestre Bologne Showroom
Paradisoterrestre Bologne Showroom
Paradisoterrestre Bologne Showroom

Man Ray, Marcel Duchamp, Giacomo Balla ou encore Kazuhide Takahama : ils sont nombreux à signer pour Paradisoterrestre des meubles oeuvres d’art en y appliquant les principes du Ready-Made.

Paradisoterrestre Bologne Showroom
Tapisserie Dino Gavina Portrait Tapissière Bologne
Paradisoterrestre Bologne Showroom
Paradisoterrestre Bologne Showroom

Photographies : Constance Gennari – Texte : Caroline Balvay – Traduction : Textmaster @thesocialitefamily

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