Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso

Hôtel Rochechouart,
Le « Grand Hôtel » version Orso

« Raconter des histoires », telle est l’intention du groupe hôtelier Orso, incarné par Anouk et Louis Solanet. Une fulgurance narrative qui ne pouvait pas mieux s’exprimer qu’à l’hôtel Rochechouart, dernière ouverture du couple, posé au bas des marches du Sacré-Cœur. Ressuscitant le charleston des années 1920 et son lot d’anecdotes savoureuses religieusement collectées par ses nouveaux propriétaires, le Rochechouart, c’est ce supplément d’âme à la superbe « wes-andersonnienne » ! Une adresse n’ayant rien perdu de sa splendeur festive, arborant fièrement sa façade rétro dans le mythique quartier de Pigalle. Ne dérogeant pas à la règle des lieux incarnés et « vecteurs d’émotions » que le couple propulse depuis 2020, l’hôtel Rochechouart, et ses 106 chambres, navigue entre les Années folles art déco et l’insolence du design contemporain grâce au tour de maître du jeune – mais non pas moins talentueux – duo Festen. Pour cette réalisation, le tandem d’architectes jusqu’au-boutistes composé de Charlotte de Tonnac et d’Hugo Sauzay a « glané un maximum d’informations pour faire revivre les lieux sans tomber dans le pastiche ». Un arrêt dans le temps magnifié par l’idée – revisité avec le souci du détail qui les caractérise – du Grand Hôtel qui invite à la flânerie. De son espace restaurant qui met à l’honneur une cuisine de maison bourgeoise qui ravit les cœurs, à l’atmosphère espiègle et feutrée des étages avant d’atteindre le rooftop et sa vue imprenable sur Montmartre. Déployant avec imagination des services de qualité irrévérencieux (mais bien élevés) et teintés d’humour – l’offre Pick Assiettes, Chambres à manger, Qui Dîne Dort – dans ses volumes généreux et intimistes, l’hôtel Rochechouart s’impose comme un véritable lieu de fête et d’hédonisme qui fait scintiller les lettres de noblesse de la Ville Lumière et, avec lui, le mythe qu’il fait revivre.

Hôtel et restaurant Rochechouart, 55 boulevard Rochechouart – 75009 Paris. Réservation par téléphone au 01.42.81.91.00 et par e-mail à : bonjour@hotelrochechouart. Restaurant temporairement fermé. Room-service assuré pour les clients de l’hôtel. Pour les autres ? L’offre Pick Assiettes est toujours proposée, à emporter et sur livraison chaque jour dès 18h.

Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso
Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso
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Anouk, Louis : pouvez-vous vous présenter ?

Anouk

Je suis Néerlandaise : born and raised aux Pays-Bas. À 24 ans, j’ai échangé mon vélo contre le métro, le gouda contre le french cheese, et les canaux contre la Seine, pour m’installer avec une amie à Paris et apprendre le français. Mission accomplie, à part pour l’accent ! (Rires) Un an plus tard, je suis tombée sous le charme de Louis, Parisien né le même jour que moi, et je ne suis plus jamais rentrée.

Louis

Parisien de naissance, Corse et Charentais de cœur (et de sang aussi). Ma femme et mes amis étrangers aiment me définir comme le « typique Français » et pourtant, j’ai toujours essayé de m’ouvrir au monde en voyageant et en habitant dans plusieurs pays avant ma rencontre avec Anouk. D’une certaine manière, j’ai prolongé l’expérience grâce à mon seul ami hollandais de l’époque qui m’a présenté ma femme. Je précise qu’Anouk est une Hollandaise du Sud donc presque une Marseillaise du Nord !

 

Quel est votre parcours jusqu’à Orso ?
Anouk

J’ai fait des études de Droit & European Studies à Amsterdam puis ai commencé ma carrière au sein de cabinets internationaux avant de switcher de domaine et d’intégrer Solanet Hotels. J’y ai appris toutes les bases de l’hôtellerie et je me suis occupée de la gestion d’une partie des hôtels du portefeuille pour le compte d’investisseurs.Après quelques années, je suis devenue chef de projet « rénovation » des hôtels que l’on gère, avant de cofonder Orso.

Louis

Après des études et un début de carrière dans le monde de la finance, je me suis vite orienté vers le monde beaucoup plus réel et passionnant de l’hôtellerie dans ma petite entreprise familiale. Les premières années, j’ai appris en côtoyant des hôtels plus standards et économiques et, peu à peu, nous avons voulu cultiver notre jardin en parallèle mais sans renier ce passé non plus. Chaque hôtel doit trouver sa clientèle et il y en a pour tous les goûts. Cela reste un métier extrêmement varié, surtout en France – marché hétérogène et international.

Présentez-nous cette collection d’hôtels qui « prône le retour aux vraies valeurs de l’hôtellerie » ?
Anouk

Nous avons constaté que l’hôtellerie devenait de plus en plus standardisée, parfois déshumanisée, et n’était plus réellement vectrice d’émotions. Chez Orso, nous essayons de tout mettre en place pour que le client se sente comme « invité » dans une maison de famille ou d’amis. Souvent dicté par le lieu en lui-même, son histoire et l’architecte choisi, un vrai parti pris décoratif se dessine dans chacun de nos établissements. Orso vient ensuite affirmer ses valeurs : l’authenticité et la simplicité, l’esprit de famille et la convivialité, la localité avec des produits et des conseils souvent simples mais justes et bons. À tous les niveaux, nous essayons d’être prévenants, mais aussi performants sur les essentiels de notre métier : l’accueil, la propreté, la qualité. Pour chaque hôtel, nous essayons de réfléchir aux personnes qui seront le plus à même de révéler son potentiel. Celui ou celle avec qui nous travaillerons de concert. Beaucoup d’architectes choisis par Orso n’avaient pas ou peu fait d’hôtels. Nous les avons privilégiés pour leurs idées et leur patte plutôt que pour leur expérience. À nous de rendre les hôtels opérationnellement exploitables dans le temps et pas uniquement jolis le jour du pince-fesses d’ouverture. Nous devons prendre un plaisir réciproque à travailler ensemble, même si les projets sont parfois jalonnés d’aléas. Ceux actuels et ceux en cours semblent valider nos aspirations. Nous avons maintenant hâte que les clients les découvrent, les habitent, les vivent.

Louis

Rien à ajouter, elle a tout dit.

Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso
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Comment est-elle née ?
Anouk

Nous souhaitions tracer une ligne commune, un fil rouge, entre les hôtels indépendants que nous reprenions en gestion et pour lesquels aucune marque existante n’avait de plus-value.

Louis

Le nom d’Orso tient ses origines du héros d’un roman lu à l’école. Sur fond de décor corse (où sont ancrées les racines de ma famille), Prosper Merimée conte le récit d’un personnage balancé entre la tradition et le monde nouveau. C’est un peu l’histoire que nous voulons raconter dans nos hôtels avec des choses simples, presque enfouies dans nos passés mais qui reprennent du sens aujourd’hui, adaptées au monde moderne. Des attentions, une senteur, une musique, quelques très essentielles valeurs refuges.

Comment fonctionne votre duo ?
Louis

Au quotidien, parfois comme l’inspecteur Clouseau contre Cato dans la Panthère Rose ! Plus sérieusement, je pense que j’exprime beaucoup d’idées, et que je creuse plein de pistes parfois saugrenues. Anouk a hérité d’un certain pragmatisme et d’une vision très straight to the point hollandaise et sait sélectionner la bonne idée dans le flot ! C’est pareil sur leboncoin, je lui envoie 50 annonces par jour et elle m’en prend une tous les mois (rires).

Nous sommes ici à l’hôtel Rochechouart. Racontez-nous la mue de cet endroit, de son acquisition à son ouverture.
Louis

C’est un travail collectif avant tout qui ne peut se résumer à nous deux. Nous avons eu un énorme coup de cœur pour ce lieu, de la terrasse du rooftop, à la brasserie en passant par les chambres du 8ᵉétage qui me rappelaient des années étudiantes. Pour travailler sur ce sujet compliqué et transformer l’essai, il a fallu être bien accompagné. Ce qui a été le cas dans la longueur, aussi bien par des amis que par de talentueux architectes, un personnel courageux et rigoureux et des partenaires de choix. Tout le monde est resté fixé sur la lumière au bout du tunnel et sur cette envie irrépressible de redonner vie à ce lieu que nous imaginions mythique. Je continue d’ailleurs à chercher tous les jours des anecdotes ou des images de ce passé. Dernièrement, c’était un menu de Nouvel An promettant un bal de nuit avec cotillons en compagnie de l’orchestre tsigane de Vincent Morgagni !

Comme tous les hôtels Orso, cet établissement a été pensé par un esprit créatif. Ici, le duo d’architectes et décorateurs Festen. Pourquoi eux ?
Anouk

Nous suivions le travail de Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay depuis quelque temps avec beaucoup d’admiration. Quand nous leur avons fait visiter les lieux, ils ont ressenti cette même magie qui nous avait conquis, puis se sont plongés dans les archives, ont lancé des recherches sur l’histoire de l’hôtel, les personnalités qui le fréquentaient pour y dîner ou faire la fête, l’atmosphère qui s’y dégageait à l’époque… Glaner un maximum d’informations pour faire revivre les lieux sans tomber dans le pastiche. Très rapidement, leurs moodboards et 3D – tellement justes ! – ont suivi. La collaboration était une évidence. Ils se sont effacés pour laisser l’histoire se raconter toute seule, sans imposer un style.

Louis

Un journaliste averti a très bien résumé leur travail quant à la re-création de ce lieu en disant « qu’ils avaient su s’arrêter ». Cela fige le lieu avec un caractère presque anachronique et intemporel.

De quelle façon les avez-vous orientés vers vos envies ?
Anouk & Louis

Revisiter l’idée du grand hôtel. Le ressusciter avec un twist de modernité. Redonner vie au mythe. Être le plus parisien des hôtels parisiens, le plus Pigalle de Pigalle version revue Paris-Plaisirs ! ll fallait aussi ancrer l’ADN d’Orso, que ce soit dans la carte du restaurant, simple mais bourgeoise, l’accueil aux petits soins, les petites attentions discrètes mais appréciées…

Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso
Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso
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Chez Orso, nous essayons de tout mettre en place pour que le client se sente comme « invité » dans une maison de famille ou d’amis.

Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso
Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso
Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso

Au quotidien, outre la décoration, comment vous employez-vous à faire vivre l’âme de ce lieu qui jadis réunit à son âge d’or le tout-paris des Années folles ?

Louis

Nous avons ouvert le 2 octobre 2020, soit au moment de la fermeture des bars. Puis il y a eu le premier couvre-feu et la mise en place instantanée de notre offre « Qui dîne dort» : les chambres à 60 euros pour quiconque restait dîner. L’atmosphère était à la fête, le restaurant et l’hôtel pleins, boostés par une prohibition légale, une très singulière électricité dans l’air. Nous sommes restés ouverts depuis, et avons affiné le room service en faisant monter dans les étages nappes et argenterie, cloches et champagne.

Anouk

L’idée de « refuge » doit rester omniprésente, celle d’un rendez-vous privilégié aussi, intime mais toujours festif, suspendu. Nous travaillons à cela tous les jours.

L’hôtel Rochechouart dispose également d’une sublime brasserie. La cuisine, autre élément incontournable – voire phare – de l’entité Orso ?
Louis

Oui, nous avons creusé plusieurs pistes y compris l’italien ! Mais le lieu, les menus retrouvés, notre ADN Orso ont heureusement repris le dessus. Nous avons voulu quelque chose de foncièrement simple, réconfortant, bon, généreux… Nous sommes allés chercher de vieilles recettes, parfois celles de notre famille (le gâteau de crêpes), des classiques, de la cuisine de maison bourgeoise. Nous ne sommes pas une brasserie, mais plus proches de l’image du « Grand Restaurant » de Louis de Funès avec nos nappes blanches et ronds de serviette en argent – mais sans le maître de maison du film !

Comment imaginez-vous l’identité gustative de vos adresses ? Quelle est celle du Rochechouart ?

Louis

Le Rochechouart reste un ovni. Il est en effet le seul hôtel Orso à offrir un vrai restaurant. Nous avons opté là pour une cuisine réconfortante et régressive. Une cuisine bourgeoise et l’esprit brasserie qui collent bien à Pigalle. Nous avons voulu rendre hommage à quelques grands classiques de la cuisine française, entre autres « recettes de vieux grimoires », parfois oubliées. Dans les autres établissements, nous avons moins de place et d’espaces de préparation. Nous simplifions donc l’offre le plus possible avec des choses simples (encore une fois), peu transformées. Nous essayons aussi de valoriser nos restaurants de quartier, parfois peu avenants de prime abord, comme géniaux, kitsch, généreux, institutionnels ou cachés…

Que doit-on retenir de l’hôtel Rochechouart en cinq mots ?

 

Anouk & Louis

Art déco. Grand Hôtel. Intemporel. Festif. Feutré.

Où vous retrouverons-nous dans les prochains mois ?

Anouk & Louis

Fin 2021, selon l’avancée des travaux, nous compterons sept hôtels Orso à Paris. L’hôtel Ami de la délicieuse Gesa Hansen devrait ouvrir en avril, le Wallace, de nos amis Hauvette & Madani, dans le cours de l’année et nous cherchons un nom au septième nain de la famille Orso.  C’est une adresse située dans le Vearrondissement, décorée par Éloïse Bosredon. Nous avons hâte de dévoiler toute cette tribu. En attendant, nous continuons à chercher des adresses en France mais aussi à l’étranger pour continuer de développer cette fameuse patte Orso. Les lettres « ETC » dans notre logo sont là pour rappeler que tout est possible, que nous sommes ouverts à tout.

Hôtel Rochechouart, <br>Le « Grand Hôtel » version Orso
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