Eugénie Trochu, à intérieur ouvert

Eugénie Trochu, à intérieur ouvert

« Mon premier appartement à Paris était littéralement vide hormis un lit, une petite table de bar et une chaise afin de garder l’espace (qui était petit) pour faire des fêtes et danser ! » Avec Eugénie Trochu, responsable de la rubrique mode du site de Vogue Paris, le ton est donné. Impossible de s’ennuyer ! Et même si, depuis, l’étudiante au cadre de vie minimaliste a laissé place à une jeune femme ne cachant pas son amour des bibelots, les savoureuses anecdotes continuent, elles, de se succéder. Depuis sept ans maintenant, celle qui produit tout ce qui a trait au style pour la version digitale du célèbre magazine de Condé Nast vit cet espace. Un charmant trois-pièces aux attributs boisés où infuse sa personnalité. Son goût ? Celui développé au fil de ses expériences. Des heures passées entre les manèges normands (aux côtés de chevaux) et parisiens (aux côtés de créateurs). Un quotidien haut en couleur, reflet d’une véritable évolution – et affirmation – personnelle, que l’on retrouve en filigrane dans ce lieu. Un endroit hétéroclite où cohabitent certains meubles devenus essentiels, « les remplacer reviendrait à m’arracher un membre », à d’autres objets acquis lors de voyages, de soirées mais aussi – et peut-être surtout – de virées familiales. Car à l’instar des vêtements, la décoration reste, pour la fondatrice du compte Instagram Good Spot, une affaire de transmission. C’est du moins comme cela qu’elle aime à la penser ! Véritables repères dans sa vie, sa mère et sa grand-mère le sont également ici. Quand l’une lui confie ses précieux miroirs, l’autre « revampe » ses tables et ses chaises, lui refilant – au passage – le virus de la brocante. Pas l’acharné mais le curieux, l’espiègle ! Qui fait se rencontrer chine d’un jour, accessoires décalés et motifs de toutes sortes, dont le bien senti Votre maison est votre portrait, maxime comme cousue sur mesure pour notre hôte du jour sur un des nombreux coussins du salon. Sans plus attendre, The Socialite Family vous enjoint à vous plonger avec gourmandise dans cette visite. Une bouffée d’oxygène, à la fois drôle, touchante et empreinte de poésie qui se savoure comme un bonbon.

Eugénie Trochu, à intérieur ouvert
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Eugénie, pouvez-vous présenter ?

Eugénie

J’ai plusieurs étiquettes. Je suis Parisienne d’adoption et Normande de cœur, journaliste pour les uns, rédactrice mode pour les autres. J’aime autant l’industrie du luxe que l’équitation, je voue une passion à la musique et joue de l’Instagram game à mes heures perdues, swipant entre mon compte perso et un autre plus lifestyle nommé Gooodspot. Toujours avec humour et un soupçon bohème pour relever le tout !

Quel est votre parcours ?

Eugénie

Je suis née dans la grande famille du cheval et non dans celle de la mode. Alors le chemin entre les manèges et les Fashion Weeks est assez déroutant, mais je présume que c’est ce qui fait mon piquant. J’ai vécu en Normandie jusqu’à l’âge de 17 ans, dédiant toute ma vie à l’équitation et aux concours de sauts d’obstacles. Puis, un jour, j’ai eu envie de voir du monde et j’ai filé à Paris pour étudier les lettres et le journalisme. J’avais envie de travailler dans un média équestre mais j’ai atterri comme par hasard chez Vogue. D’abord US (une anecdote que peu connaissent) où j’ai réalisé un stage à l’antenne française, place du Palais Bourbon. J’ai adoré. Et comme j’en voulais plus, j’ai postulé chez Vogue Paris. Cela fera bientôt dix ans que j’y travaille. Le temps passe vite !

Comment s’est faite votre éducation au « beau » ?

Eugénie

C’est relatif, le beau, ce qui plaît à l’un déplaira à l’autre ! Et j’aime toujours être légèrement en décalage avec la notion de « bon goût ». Je dirais que j’ai développé un certain œil au fil de ma vie et de mes expériences. Je suis passée par plusieurs phases, aussi bien vestimentaires (ma période Rock goth à la fac en est l’une des plus croustillantes) que lifestyle et déco : mon premier appartement à Paris était littéralement vide hormis un lit, une petite table de bar et une chaise afin de garder l’espace (qui était petit) pour faire des fêtes et danser. Mais comme beaucoup, j’ai tout appris aux côtés de mes grands-mères et de ma mère. Notamment le goût des belles choses, nos belles choses.

Eugénie Trochu, à intérieur ouvert
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En quoi consiste votre métier ?

Eugénie

Je suis responsable de la rubrique mode du site de Vogue Paris et j’écris de temps à autre dans le magazine, mais c’est un plus. Sur le papier, je suis journaliste, mais en réalité c’est beaucoup plus compliqué que cela. On nous appelle les « rédactrices mode ». Notre métier s’est fait avec nous, avec le développement du digital, des réseaux sociaux. En gros, j’écris mes sujets, mais je les intègre aussi. Je les illustre, les promeus sur les réseaux sociaux et parfois même les construis de A à Z en réalisant les vidéos et les shootings avec des équipes de talent. Je suis une sorte de couteau suisse de la mode.

Qu’aimez-vous le plus dans celui-ci ?

Eugénie

Les rencontres, les voyages, la découverte, permanente, de nouvelles choses, de nouvelles visions, de nouvelles manières de créer. La mode est un immense terrain de jeu.

Depuis vos débuts chez Condé Nast, quelle est la rencontre qui vous a le plus marquée ?

Eugénie

C’est drôle, car c’est une rencontre qui n’a pas réellement eu lieu. Je m’explique : j’ai eu un jour l’opportunité d’interviewer Hubert de Givenchy pour un sujet. Mais il était déjà assez âgé. Nous avons donc organisé cette rencontre de manière épistolaire. Je lui ai écrit les questions sur un beau papier et il m’a répondu à l’écrit également. Le tout a été finalement transcrit sur le Net. Je trouve cela formidable, drôlement poétique d’une certaine manière.

Quels sont les créateurs qui ont participé à façonner votre vision du style ?

Eugénie

Martin Margiela, Helmut Lang, Demna Gvasalia chez Balenciaga et Vêtements. J’aime le décalage, l’idée de faire du nouveau avec de l’ordinaire. Créer la surprise avec le familier, n’est-ce pas ce qu’on a tous envie de faire ? Je suis très attachée à leur manière toute particulière d’acidifier les couleurs et de bousculer les clichés à grand renfort de bouleversements.

Eugénie Trochu, à intérieur ouvert
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Et ceux qui ont influencé votre personnalité ?

Eugénie

Un peu comme tout le monde je pense, c’est un pêle-mêle d’inspirations qui me vient de mes amis, de ma famille, de mes amoureux… Et puis il y a les « Voguettes », toutes les filles de chez Vogue qui m’ont toujours inspirée. Avant je les regardais du coin de l’œil, maintenant je suis fière d’en faire partie.

Que dit votre intérieur sur vous ?

Eugénie

Comme le dit si bien l’un de mes coussins : Votre maison est votre portrait. J’estime que mon intérieur dit tout de moi. C’est un joyeux mélange de souvenirs et de nouveautés glanés au fil des années et de mes obsessions. Cela fait sept ans que j’habite dans cet appartement, il a grandi et s’est construit avec moi. Je dirais que la vibe qui s’en dégage est bohème, plutôt cool, confortable, libre et décontractée. On peut facilement deviner mon obsession pour les voyages (réels ou imaginaires) avec cette grande et ancienne carte d’école de l’Argentine qui trône au-dessus du canapé ou encore ces coussins, plaids et tapis amérindiens. « Hétéroclite » est aussi un bon mot pour le définir. Les miroirs anciens par exemple viennent de chez ma grand-mère, la table et les lampes ont été chinées et revampées par ma mère, mais la table basse et la petite commode viennent de chez Habitat ou La Redoute. Je ne respecte pas un style particulier, l’important consiste en la touche personnelle, celle qui va faire que votre appartement ne ressemble à aucun autre : ce que vous mettez dans vos cadres ou à vos murs, les livres qui traînent, les coussins et les couvertures… Il y a un truc assez rigolo que je fais et que j’ai rarement vu ailleurs, qui est d’incorporer des éléments de mode en décoration : des colliers sur une poignée de porte, des vernis à ongles, des rouges à lèvres ou des pochettes classés par couleurs. Quand on a peu d’espace, on optimise et on fait d’une pierre deux coups !

Comment l’avez-vous meublé ?

Eugénie

Comme pour les vêtements, j’aime cette idée de la transmission, du meuble qui raconte une histoire. C’est une obsession en forme d’habitus familial puisque ma mère n’est rien de moins qu’une passionnée de brocante. Je ne suis cependant pas une acharnée du vintage. Une fois qu’un meuble entre chez moi, il fait corps et âme avec mon intérieur, le remplacer reviendrait à m’arracher un membre. Interrogez-moi sur n’importe quelle pièce de mon appartement, il y aura toujours une anecdote savoureuse. Des exemples ? Ces coussins sur le canapé qui viennent d’un défilé Etro duquel je suis repartie les bras chargés fuyant les photographes de street style, ces cendriers que j’ai chipés chez Caviar Kaspia lors d’une soirée un peu arrosée, ces assiettes que j’ai rapportées d’Italie dans mes valises, enroulées dans mes maillots de bain…

Eugénie Trochu, à intérieur ouvert
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De quoi aimez-vous être entourée ?

Eugénie

J’ai plusieurs obsessions ! Numéro 1 : les bibelots en veux-tu, en voilà. Les miens viennent de chez ma grand-mère ou de chez Astier de Villatte dont je raffole des céramiques made in Paris (dernières acquisitions : mon chat qui fume, de jolies soucoupes pour garder mes encens et autres kits de petite sorcière ainsi que des boules de Noël fun et décalées). Numéro 2 : les coussins en multitude (ceux de ma chambre viennent de la marque italienne que j’adore Lisa Corti, qui a clairement rhabillé la pièce). Numéro 3 : les bougies (passion Cire Trudon, qui signe les plus beaux bougeoirs et dont j’adore le très joli diffuseur qui est dans ma chambre). Numéro 4 : les papillons, c’est un peu le fil conducteur de mon appartement. Amusez-vous à les chercher.

Vous avez récemment créé Goodspot, un compte Instagram où vous répertoriez vos meilleurs « plans ». Pouvez-vous en confier 5 (inédits) en exclusivité pour les lecteurs de The Socialite Family ?

Eugénie

Gergei Erdei : Le label d’objets d’intérieur que j’ai découvert sur le site MatchesFashion (leur sélection homewear est incroyable). Mes sets de table et coussins dragon et lion viennent de chez eux. C’est un créateur italien qui cumule les casquettes d’illustrateur, brodeur et qui a aussi travaillé au prêt-à-porter chez Gucci avec Alessandro Michele, ce qui se sent énormément dans ses inspirations baroques, antiques et seventies. Solimene : je vais vous dévoiler aussi un très gros secret, celui de la provenance de ma vaisselle colorée, avec ces petits poissons, cochons, poules et tortues. Elle vient de chez Solimene sur la côte amalfitaine, à Vietri sul Mare. Il est possible aussi de commander en ligne ! Sabre : j’ai récemment lancé un sondage sur Gooodspot afin de trouver un endroit où l’on peut dénicher de jolis couverts de couleur pour aller avec ma vaisselle (toujours la même). Le couperet est tombé, c’est chez Sabre à Paris. Jonathan Adler : tout le monde connaît, mais c’est une de mes passions déco. J’y trouve de quoi faire les meilleurs cadeaux du monde. Ritual Incense : des kits « mystiques » complets à offrir pour tous ceux que cela branche. Heather Levine : de quoi coller à ma vibe hippie du moment, à chasser les mauvaises ondes avec style.

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