Christophe Juville, <br> Matteo 21 et Lilijane 16 ans
Famille - Marseille

Sur la corniche Kennedy, l'appartement minimaliste à la vue panoramique du fondateur de Spok

/

chez

Christophe Juville,
Matteo 21 et Lilijane 16 ans

C’est sur la corniche Kennedy, spectaculaire boulevard à la vue plongeante sur la mer Méditerranée et ses îles, que s’ouvre notre visite à Marseille. Et plus particulièrement sur un de ses appartements, un espace niché dans un immeuble s’élevant en première ligne, héritage d’un programme immobilier des années 1970. Cette histoire, c’est le point de départ de Christophe Juville. Entrepreneur à succès à la tête de la franchise Spok mais aussi de la cave à manger parisienne Lolo ou de la marque de cidre Adam – rien que ça –, ce Marseillais pur jus s’est attelé à « sublimer l’écriture si particulière des constructions de cette époque avec le panorama imprenable donnant sur la mer ». Le tout, dans un style très personnel. Brut, minimaliste, architectural. L’une de ses principales inspirations. Dans cette boîte de béton cerclée de miroirs fumés qui « offre l’opportunité de contempler la vue quelle que soit la perspective », le marbre de Carrare et la moquette blanche apposés au sol sont autant de toiles blanches laissant exprimer le potentiel des pièces de design ou d’art sélectionnées avec application par leur propriétaire. La table Lolo de la cuisine, par exemple. Une réalisation sculpturale de l’Atelier Calcaire, cofondé par le prolifique autodidacte avec l’architecte de ses restaurants, et désormais associé, Jérémy Chaillou. Le centre névralgique d’un intérieur où l’on aime se retrouver en famille ou entre amis, debout, dans la lumière chaude et généreuse d’une ville que « l’on n’habite pas, mais dont on tombe amoureux ».

Salon avec vue sur la Méditerranée avec canapé et lampadaire chez Christophe Juville à Marseille
Fauteuil en laine bouclette et table basse laquée verte chez Christophe Juville à Marseille
Étagères en bois et dame-jeanne chez Christophe Juville à Marseille

J’attache beaucoup d’importance à l’architecture. À mon sens, elle peut avoir un réel impact sur notre quotidien.

Tapis turquoise et fauteuils en cuir camel chez Christophe Juville à Marseille
Salon blanc avec lampadaire design vert, fauteuil en cuir camel et tapis turquoise chez Christophe Juville à Marseille

Christophe, pouvez-vous vous présenter ?

Christophe

Je suis Marseillais et vis entre Paris et Marseille, c’est mon équilibre. Je suis également un entrepreneur de 45 ans, père de deux enfants, Matteo et Lilijane, que j’aime par-dessus tout. J’ai fondé Spok en 2005. C’est un réseau de franchise qui compte une quarantaine de restaurants en France à ce jour. J’ai voulu, modestement, proposer une alternative à la restauration rapide d’il y a 15 ans à travers de la vraie cuisine, à base de bons produits, disponible immédiatement pour tous ceux qui prennent une pause déjeuner au milieu de leur journée et souhaitent bien manger. Depuis trois ans, Spok connaît un développement exponentiel, avec près de 10 ouvertures par an et de nombreux projets très excitants. En 2019, j’ai cofondé Lolo avec mon ami et associé Loïc Minel. C’est une cave à manger dans le cœur du IXe arrondissement parisien. On y trouve les vins les plus propres possibles, des assiettes incroyables en termes d’esthétique et de saveurs. Le tout dans une ambiance de bar de quartier. Plus récemment, j’ai créé Atelier Calcaire avec mon architecte Jérémy Chaillou. Une solution transversale pour accompagner et faciliter la réalisation de projets d’aménagement d’intérieur à destination des restaurateurs, hôteliers et du retail. Et enfin dernièrement, j’ai oeuvré au lancement d’une marque de cidre, Adam. Un produit que j’adore et qui méritait d’être dépoussiéré, réinventé. Nous avons pris le parti d’un positionnement de marque décalé, à l’univers méditerranéen et solaire.

Quel est votre parcours ?

Christophe

Je suis un autodidacte, j’ai grandi dans les quartiers nord de Marseille. J’ai quitté l’école à 15 ans et j’ai choisi un secteur dans lequel je pourrais entreprendre et tracer ma voie. J’ai fait une école hôtelière où j’ai passé un CAP Cuisine. J’ai d’abord occupé des postes de manager dans divers restaurants, puis j’ai ouvert mon premier à 24 ans, puis mon deuxième trois ans plus tard. À 30 ans, alors que j’étais déjà père de mes deux enfants, j’ai tout perdu à la suite de complications liées, entre autres, à des travaux qui ont mal tourné. J’ai vraiment touché le fond, mais j’ai rebondi dans les semaines qui ont suivi et j’ai créé Spok, en combinant le meilleur de la restauration traditionnelle dont je connaissais tous les codes, à ceux de la restauration rapide dont je pressentais l’essor. Cela fait désormais quinze ans que je dirige fièrement ce réseau. Je ne m’en lasse pas ! Je fais toujours en sorte que l’on s’éclate, que l’on se fasse plaisir et que les clients le ressentent et reviennent.

Parlez-nous de votre éducation. Dans quel cadre avez-vous grandi – et par conséquent développé votre goût ?

Christophe

Je viens d’un milieu modeste et sans prétention, je n’ai pas reçu d’éducation au beau dans ma jeunesse, mais je pense avoir toujours été très curieux, très attentif à tout ce qui se passe autour de moi. C’est à travers des rencontres que j’ai forgé mon œil, que j’ai découvert le beau. J’aime écouter, observer. N’ayant pas de bagage en histoire de l’art ou tout simplement en culture générale, j’ai soif d’apprendre par les autres et par le monde. Dans un premier temps, ce sont des architectes qui m’ont éveillé au monde du design. Notamment ceux qui ont conçu mes deux premiers restaurants, José Morales et Anhtu Ho. Stéphane Grunesein a également joué un rôle déterminant. Ensuite, Roger Pailhas, dont la galerie se trouvait juste au-dessus de mon restaurant, m’a éduqué à l’art contemporain. Par la suite, j’ai découvert la photographie. Un nouvel univers s’ouvrait à moi, et c’est probablement aujourd’hui la discipline qui me passionne le plus. Je m’éclate avec mon appareil photo. Je l’emporte partout avec moi.

Portrait de Christophe Juville et sa fille dans leur cuisine en marbre à Marseille
Canapé en velours et fauteuil en laine bouclette blanc crème dans le salon blanc de Christophe Juville à Marseille
Salon avec canapé en velours et fauteuil en cuir camel chez Christophe Juville à Marseille
Chaises de bar blanches dans la cuisine en marbre de Christophe Juville à Marseille
Décoration avec assiettes en céramique décorées chez Christophe Juville à Marseille

Vous êtes un entrepreneur sensible à divers univers créatifs – photographie, gastronomie ou encore design. Comment cultivez-vous cette curiosité ?

Christophe

Cela fait certainement cliché de le dire comme ça, mais le voyage contribue énormément à nourrir cette curiosité. Encore plus cliché, mon premier voyage au Japon a été particulièrement déterminant. Tant d’inspiration, d’éveil à une autre sensibilité. Et puis Paris. Paris est pour moi une des capitales mondiales de la gastronomie. Elle l’est également en matière de design. À chacun de mes déplacements, je m’y recharge d’inspiration. Étonnamment, cependant, je n’y suis pas inspiré pour prendre des photos. Tout devient un cliché de carte postale. C’est à Marseille que je ne peux pas m’arrêter de tout photographier, d’immortaliser, la lumière, la vie, la mer.

Designers, artistes : quels sont ceux dont l’œuvre a eu une influence particulière sur vous, votre travail ?

Christophe

Par nature, le travail de mon architecte Jérémy. Il dessine mes restaurants, il a donc une incidence sur mon quotidien, mon travail. Je suis également depuis longtemps Rudy Ricciotti. J’écoute et je lis souvent ses interviews. J’aime sa façon d’aborder ses projets, donc je pense qu’ils ont une influence sur ma façon d’aborder les miens. J’attache beaucoup d’importance à l’architecture. À mon sens, elle peut avoir un réel impact sur notre quotidien. Et enfin, mes chefs de cuisine Kevin (Spok) et Zach (Lolo) me nourrissent tout autant. Je les considère tous les deux comme des artistes, la cuisine est un art !

Vos divers établissements de bouche se distinguent par leur architecture intérieure soignée. Qu’en est-il de la place que vous attribuez à celle de votre intérieur ?

Christophe

Que ce soit pour chez moi ou pour un projet professionnel, je m’imprègne toujours de l’âme du lieu. L’idée est de bâtir, de réfléchir le projet autour de son histoire pour continuer de la perpétuer, autrement. En réutilisant les matériaux existants, pour les faire revivre, les sublimer.

Comment l’avez-vous pensé ?

Christophe

La corniche Kennedy est un lieu mythique qui symbolise à lui seul la relation si particulière qu’entretient Marseille avec son littoral et la mer Méditerranée. Dans ce cadre, l’appartement première ligne où je vis est l’héritage d’un programme immobilier des années 1970. Le concept développé ici consiste donc à sublimer l’écriture si particulière des appartements de cette époque avec le panorama imprenable donnant sur la mer. Un ensemble de miroirs fumés offre l’opportunité de contempler la vue quelle que soit la perspective. Le béton, laissé brut, donne le contrepied au marbre de Carrare au sol et est réchauffé par une moquette blanche dans les chambres. L’appartement est constamment baigné d’une lumière qui change tout au long de la journée. Un changement de décor perpétuel, un spectacle de tous les instants

Portrait de Christophe Juville dans sa cuisine miroir à Marseille
Christophe Juville, <br> Matteo 21 et Lilijane 16 ans
Piles de magazines chez Christophe Juville à Marseille
Chambre avec draps blanc, miroir et vue sur mer chez Christophe Juville à Marseille
Photographie contre mur en mosaïque chez Christophe Juville à Marseille
Étagère en bois avec livres chez Christophe Juville à Marseille

Diverses pièces de créateurs occupent votre appartement. De quelle manière choisissez-vous les réalisations qui le meublent ?

Christophe

La plupart des artistes qui occupent mon appartement sont des amis, ou en tout cas des rencontres. La table Lolo dessinée par mon associé Jérémy Chaillou et éditée par Atelier Calcaire. Elle symbolise notre collaboration, la première pièce du projet. C’est une vraie fierté et surtout le centre de cet appartement qui retranscrit notre mode de vie. Nous nous y rassemblons autour en famille, entre amis, pour manger debout. Nous sommes très très loin des dîners assis, avec sets de table et chandeliers. Axel Chay est un artiste marseillais. Il a un regard très intéressant et ses œuvres meublent à elles seules une pièce entière. J’aime ses choix audacieux, la simplicité et la justesse de ses lignes. France Bocognani et Caroline Bartoli d’Atelier Franca sont des amies. Leurs céramiques sont assez présentes à Marseille, elles ont beaucoup de sensibilité à la matière. Emmanuelle Roule est très douée, fraîchement débarquée à Marseille pour notre plus grand plaisir, elle y ouvre une galerie, ou plutôt un lieu dédié à la céramique mais pas que, visiblement… ateliers et résidence d’artistes à venir. Caroline Denervaud, je ne la connais pas personnellement mais j’aime beaucoup son travail. Il me procure beaucoup d’émotions. Nicolas Veidig-Favarel, son galeriste (Double V Galerie) est un pote, il est un gage de confiance. Juliette Lambert est une illustratrice/graphiste que je trouve très inspirante avec une approche très sensuelle, limite érotique parfois. Charlotte Lebon est quant à elle une artiste multifacette. Elle n’est plus à présenter. J’ai été séduit par son approche et son rapport au dessin de manière générale ! J’ai fait l’acquisition de cette œuvre avant tout pour l’originalité de sa taille et la sensibilité du personnage qui y figure. Je l’ai depuis quatre ans, je ne m’en lasse pas. J’ai également des photographies d’Olivier Amsellem et de Vincent Desailly, tous deux des amis chers et très talentueux. Chacun dans un style différent. Leurs clichés interpellent et racontent une histoire, un moment. Enfin, vous pouvez apercevoir un fauteuil Paulin de chez Aussih, un classique qui s’intègre parfaitement dans mon environnement et quelques pièces de The Socialite Family (Rires) notamment cette table d’appoint Carlotta que j’adore !

Que dit cet intérieur de vous ?

Christophe

De mon intérieur, mais surtout de ma vue sur l’extérieur. Je crois que je ne pourrais plus me passer de la mer, de l’horizon, de cette lumière. J’imagine qu’elle parle de mon besoin de liberté, de voir loin. Mon intérieur est au fond assez minimaliste, ce qui me ressemble aussi. J’aime que les choses soient carrées, maîtrisées, organisées. J’ai besoin que tous les détails soient réfléchis. Cela se retrouve par exemple dans le dessin de la cuisine avec ses miroirs subtilement teintés qui reflètent la mer où que l’on soit. J’aime également cette grande « unité » murale de Poul Cadovius qui doit bien être proche de mon âge. (Rires)

Vous êtes un natif de la cité phocéenne. Comment définiriez-vous l’art de vivre méditerranéen qui la rend si unique ?

Christophe

Marseille est solaire, je ne vous apprends rien. Marseille, on n’y habite pas, on en tombe amoureux. « On connaît la valeur des choses lorsqu’on les perd. » Cet adage prend tout son sens lorsque je la quitte. Son soleil, sa lumière et ses horizons sont autant d’attraits qui font d’elle une ville de cœur et d’attache. Lorsque je rentre, avant même d’apercevoir Marseille, je vois le soleil orange et chaud se refléter sur ce qui m’entoure. Je sais alors que je suis chez moi.

Des adresses marseillaises et parisiennes à nous recommander, vous qui oscillez entre ces deux villes ?

Christophe

Quelques adresses de restaurants à Paris : Lolo bien évidemment et tous les Spok pour le déjeuner (Rires), Pantobaguette, PAPI, Les enfants du marché, Deviant, Kiosk (la cheffe est une amie, elle cuisine divinement bien et a signé cet été une carte chez Spok), Le Café de la Poste (car c’est en bas de chez moi et je m’y sens bien). Et pour finir Jones et la Chambre noire. À Marseille : La Mercerie, le bar de La Relève et L’Abbaye, la pizzeria La Bonne Mère, chez Lulu, ALF au Couvent Levat, Tuba, Le Glacier de la Corniche, La Mignonne pour ses glaces itinérantes que je vous souhaite de croiser ! Il y en a tant d’autres… Pour les magasins, à Paris : Brut, Centre Commercial, Veja, Études et Tom Greyhound pour leur sélection sans concessions. À Marseille : Aussih, Jogging, allanjoseph store, Goudron, Lulli et la Maison Empereur !

Où vous retrouverons-nous dans les prochains mois ?

Christophe

Au Japon ! Et plus précisément à Beppu et dans le Sud de manière générale. Je pars y faire une virée avec mes enfants.

Pour vous, The Socialite Family,c’est ?

Christophe

Le bon goût.

Chambre blanche avec oeuvre de Charlotte Lebon chez Christophe Juville à Marseille
Détails tatouages chez Christophe Juville à Marseille
Fenêtre avec vue sur la Méditerranée chez Christophe Juville à Marseille
Chambre blanche avec vue sur la Méditerranée

Inspiration déco...

Axel et Mélissa Chay, <br>Austin 13 mois

Axel et Mélissa Chay,
Austin 13 mois

Des bancs de l’école lyonnaise à Marseille en passant par Londres, Axel et Mélissa Chay ont voyagé ensemble, guidés par leur amour réciproque. Déposant leurs valises d’une destination à une autre, ils ont fini par s’établir dans la...

Vous aimerez aussi

1 commentaire

patrick alauzet, 31 August 2021

j’aime bien le personnage! ça me donne envie d’habiter Marseille !!!!

Ajouter un commentaire

@thesocialitefamily

sur Instagram

This error message is only visible to WordPress admins

Error: API requests are being delayed for this account. New posts will not be retrieved.

Log in as an administrator and view the Instagram Feed settings page for more details.

Socialite Newsletter

Moments capturés. Des intérieurs. Des personnalités. Chaque semaine, seulement pour vous.