Giovanna et Gautier de Bosredon, Pio 2 ans
Chez The Socialite Family, nous imaginons des créations audacieuses et intemporelles pour habiter tous les intérieurs. Une relation...
chez
À première vue, l’imposant bâtiment donne l’impression d’avoir toujours été là. Et pourtant ! Acquise en 1999 par Hugo Pierre, le mari de Cécile Perrinet-Lhermitte, cette maison aux larges ouvertures revêt un passé tout autre. Celui d’usine d’échelles ! Une spectaculaire mue opérée avec l’aide d’Hugues Touton, architecte bordelais. Les prémices d’une histoire d’amour qui continuera bientôt de s’écrire dans un tout autre projet, commun cette fois-ci. Une nouvelle étape dans la vie du couple qui sera pour l’occasion accompagné par un autre Touton, Édouard (le fils de). Mais avant de s’épancher sur cette future réalisation, parlons de l’actuelle. Un espace généreux et lumineux conçu pour vivre ensemble où transparaît, dans le choix du mobilier – essentiellement d’époque – comme des couleurs, la personnalité de ses propriétaires. À la tête d’une famille recomposée de cinq enfants, Cécile est une passionnée. Une amoureuse transie de la vie, avide de voyages et de rencontres qui s’est spécialisée dans la photographie. Ses terrains de jeux de prédilection ? L’art de vivre et l’architecture. Deux inspirations majeures que l’on retrouve aux quatre coins de son espace de vie. Ayant grandi dans une habitation en béton brut jalonnée de « moquette orange partout, même dans la salle de bains ! » signée par l’incontournable Michel Pétuaud-Létang, la créative confesse un goût prononcé pour les années 1950 à 1970 et les allures modernistes. Des « traces » laissées par un imaginaire contrasté, riche et coloré, alimenté tout au long de sa vie par un regard curieux doublé d’une vraie générosité. Celle que l’on ne peut que ressentir en pénétrant dans cet antre où fusent – dès l’entrée – les textures, les formes et les objets. Un joyeux bazar qui se partage avec une joie sincère, doublée d’un véritable désir de nous entraîner dans un monde. Le sien !
J’ai grandi dans une maison très avant-gardiste pour l’époque, de l’architecte bordelais Michel Pétuaud-Létang. C’était une habitation en béton brut avec de la moquette orange partout, un toit plat, de grandes baies vitrées. Ça a dû laisser des traces !
Cécile : pouvez-vous vous présenter ?
Je suis photographe plutôt spécialisée dans la presse déco et l’architecture en France et à l’étranger. J’adore tout ce qui a attrait au lifestyle, découvrir de nouveaux lieux et surtout faire de belles rencontres ! J’expose aussi mon travail personnel. Ma dernière série sur l’œuvre architecturale de Ricardo Bofill a fait l’objet d’une collaboration avec la Craft Gallery par MilK Décoration ! Je suis très attachée à cette série qui représente tout ce que j’aime. Ces teintes ocre et pastel qui s’illuminent entre les ombres et les lumières. C’est très graphique. J’ai aussi exposé au magasin Sarah Lavoine, place des Victoires à Paris avec la série « Miami » dont une des photos était à l’honneur sur les maillots de bain Albertine l’été dernier (capsule « Cabana »). Hugo, mon mari, est directeur commercial pour une entreprise française. Nous sommes à la tête d’une famille recomposée depuis douze ans avec cinq enfants – Marguerite, Émile, Joseph, Oscar et Victor – qui sont tous partis de la maison entre Bordeaux, Paris et Bruxelles ! C’est d’ailleurs pour cela d’ailleurs que nous quittons bientôt cette belle maison car elle est trop grande pour nous maintenant. Et puis nous avons un autre projet, plus petit mais dans le même style.
Qu’aimez-vous le plus dans votre métier de photographe ?
Voyager et rencontrer de nouvelles personnes inspirantes. C’est à chaque fois une découverte ! J’adore me plonger dans un nouvel univers, essayer de mettre en lumière les endroits que je photographie.
Quels sont les noms de ceux qui vous ont donné envie de faire ce métier ?
Ce seraient plutôt des inspirations, des architectures, des couleurs, des émotions à faire passer. L’envie de partager ma vision des choses. Avec le même appareil photo, deux personnes n’auront pas le même œil, le même angle au moment de déclencher… C’est toujours étonnant de faire le test ! Il y a tellement de photographes inspirants et de styles différents.
Votre plus beau souvenir – rencontre ou découverte – lié à votre activité ?
J’ai eu la chance de pouvoir faire une masterclass avec Peter Lindbergh à Venise, pendant Venezia Photo. Nous étions une quinzaine à partager son quotidien pendant trois jours. Il était très à l’écoute, hyperdisponible avec tout le monde. Nous étions tous photographes, donc possédant déjà une technique. Ce n’était donc pas un cours « technique » mais plutôt une longue discussion sur notre regard photographique. C’était un moment magique, gravé à jamais. Je pense souvent à ce qu’il nous a dit !
Qu’est-ce qui vous lie à Bordeaux ? Vous qui avez la bougeotte et adorez voyager.
Je suis née ici. J’ai ensuite fait mes études à l’ESRA, à Paris, où je suis restée quelques années en travaillant dans l’audiovisuel, la photo… avant de revenir m’installer ici. J’aime la proximité de Bordeaux avec l’océan, Biarritz, les montagnes pas loin. Et puis Paris à deux heures : le rêve !
Parlez-nous de votre maison. Comme l’avez-vous trouvée ? De quand date-t-elle ?
Hugo a trouvé et rénové cette maison en 1999. C’était une usine d’échelles avec des bureaux. Il n’était pas évident de se projeter et c’est avec l’aide d’Hugues Touton (architecte bordelais) que le projet s’est concrétisé. Il a surtout pensé à mettre un puits de jour dans la partie centrale du salon et à détruire l’entrepôt pour donner naissance à une terrasse, ce qui a amené une lumière zénithale. Il y a eu d’autres travaux plus tard quand nous nous sommes installés ensemble. La cuisine s’est ouverte sur le salon, ce qui a permis d’avoir cette grande pièce de vie. Un véritable plaisir pour moi qui adore cuisiner, mais sans être enfermée ! Nous avons aussi agrandi la salle à manger et mis cette grande table qui permet de dîner tous ensemble. La terrasse a, quant à elle, été transformée en piscine et nous avons disposé des plantes grimpantes partout, ce qui amène de la fraîcheur en été.
Comment y évolue votre grande famille recomposée ?
Nous avons plusieurs tables où déjeuner, dîner, en fonction du nombre de personnes, qu’il s’agisse d’un tête-à-tête ou d’une grosse tablée de 12. Mais après toutes ces années passées ici, nous allons bientôt déménager. Nouvelle maison, nouveau quartier : nous allons quitter ce lieu avec regret, mais avec la certitude que la prochaine famille qui s’y installera sera heureuse. Et surtout avec une certaine excitation. Car ce projet commun est mené avec le fils d’Hugues Touton – qui avait aidé Hugo avec cette maison – Édouard Touton.
Pour sa décoration, quelles ont été vos inspirations majeures ?
Nous sommes tous les deux très admiratifs de toutes les maisons Richard Neutra, Le Corbusier ou encore Luis Barragán qui utilisaient du bois, du béton et des formes géométriques tout en préservant la nature avec des dedans/dehors. Nous adorons visiter ces maisons et nous en inspirer ! C’est toujours un émerveillement de voir ces architectures qui, finalement, restent hyperactuelles.
On y retrouve certaines couleurs joyeuses, appliquées sur les murs. Comment les avez-vous choisies ?
Justement, ces architectes cités plus haut utilisaient tous des couleurs en les associant à merveille ! Il nous a fallu faire plusieurs essais pour trouver les teintes qui nous convenaient (notamment avec le rose, pas facile à dénicher) mais nous y sommes finalement parvenus. Et puis si ça ne va pas, ce qui est déjà arrivé, aucun souci. On repeint par-dessus ! Utiliser les pigments, c’est merveilleux, ça apporte tellement à un intérieur.
Votre dernière acquisition ? Votre prochaine ?
Dernièrement, j’ai trouvé à la galerie 50 Cinquante à L’Isle-sur-la-Sorgue une magnifique lampe sculpture « Hibou » très années 1970 du sculpteur Albert Tormos. Une beauté !
Où chinez-vous ?
Partout ! À Bordeaux à Saint-Michel, dans le Pays basque où il y a beaucoup de vide-greniers, en Belgique où mon fils Oscar fait ses études (ce qui nous permet d’y aller souvent). Partout, il y a des pépites ! Et puis dès que nous voyageons, nous sommes très attentifs évidemment.
À quels styles, époques, êtes-vous sensible en particulier ?
Les années 1950, 1960 et 1970 ! Je ne recherche pas forcément des signatures mais surtout des pièces d’époque, pas des rééditions. J’ai aussi grandi dans une maison très avant-gardiste pour l’époque, de l’architecte bordelais Michel Pétuaud-Létang. C’était une habitation en béton brut avec de la moquette orange partout, un toit plat, de grandes baies vitrées. Ça a dû laisser des traces ! Malheureusement, elle a été rasée, ça me rend toujours triste de ne pas pouvoir y retourner.
L’artiste ou le designer, dont l’œuvre vous fascine, vous inspire ?
J’adore les photos d’Harry Gruyaert. J’admire les couleurs, les ombres, les lumières, ainsi que l’atmosphère qui se dégage de sa production, tout comme chez Stephen Shore ou William Eggleston. Et tant d’autres !
Pour vous, The Socialite Family, c’est ?
The Socialite Family, c’est des découvertes, des adresses, de la décoration, des voyages… Tout ce que j’aime en fait !
Confiez-nous vos adresses favorites à Bordeaux et ses alentours, celles où nous pouvons nous rendre les yeux fermés.
Il y a tellement de bons restaurants à Bordeaux que ce serait difficile de tous les citer ! Nous aimons bien aller chez nos amis de la brasserie Mirabelle, il y a toujours une bonne ambiance. Dans notre futur quartier, les délicieuses pizzas de Tripletta ou La Girondine sur la place Saint-Michel. L’incontournable Symbiose sur les quais, la cuisine créative du Cent 33, Le Taquin. J’en oublie certainement !
Photographies : Eve Campestrini – Texte : Caroline Balvay @thesocialitefamily
Absolument sublime et totalement inspirant… chaque détail est à tomber <3